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mercredi 6 avril 2011

Le projet du PS validé par les candidats


Réunis en conseil politique, les ténors socialistes ont mis lundi la dernière touche aux propositions pour 2012.

Un projet pour combien de candidats ? En adoptant ses propositions pour 2012 mardi en bureau national, le PS fait un pas de plus vers la présidentielle. Les socialistes espèrent avoir défini au minimum un socle commun entre eux, au mieux un nouveau projet de société. Lundi après-midi, les principaux dirigeants du parti se sont réunis en conseil politique pour les derniers arbitrages. Les ténors devaient s'entendre sur la hiérarchisation des priorités, même si un consensus se dégageait pour ne pas tomber dans le piège du «projet catalogue». Une trentaine de propositions ont été retenues, recouvrant une dizaine de thématiques. Le porte-parole Benoît Hamon a résumé le travail : «nécessité de redresser la France» «nécessité de changer de modèle de développement» et «nécessité de rassembler les Français».

Toute la question est de savoir dans quelle mesure les candidats aux primaires pourront s'écarter du pot commun. Le candidat du PS à l'élection présidentielle ne sera connu qu'en octobre. Mais d'ores et déjà, certains veulent lui lier les mains. «Évidemment que le projet engagera tous les socialistes !» a déclaré lundi Benoît Hamon. «Intellectuellement, il serait curieux de se présenter aux primaires du PS sans partager son projet.» Le sort du texte dépend, en réalité, de l'accueil qui lui sera réservé. «Si le projet est bon, le candidat s'en servira. Sinon il le laissera de côté», résume avec lucidité un des membres du conseil politique.

Touche personnelle

À leur arrivée Rue de Solferino lundi, les candidats déclarés se montraient soucieux de conserver des marges de manœuvre par rapport au texte. «Chacun prendra la liberté de dire quelles sont ses priorités», a assuré Ségolène Royal. Même tonalité chez François Hollande pour qui «le candidat nécessairement mettra un ordre de priorités, insistera nécessairement sur un thème principal». Le sien, c'est la jeunesse.

La question de l'avenir du projet demeure entière. À chaque élection présidentielle, le candidat apporte sa touche personnelle comme Lionel Jospin en 2002 et Ségolène Royal en 2007. À la direction du parti, un dirigeant note toutefois que «le texte est sans comparaison avec ce qui a été fait pour 2007. Il y a eu du travail. Quel que soit le candidat ou la candidate, il y trouvera de la matière».

«C'est un projet, pas un programme», insiste un autre membre de la direction. C'est Laurent Fabius qui travaille actuellement sur «le programme législatif de la première année » si les socialistes devaient l'emporter en 2012. Il doit rendre ses conclusions dans quelques semaines. Avec l'ancien premier ministre à la manœuvre, les partisans de Dominique Strauss-Kahn sont rassurés. Pour eux, Fabius veillera à ce que rien ne gêne DSK, si celui-ci décidait de revenir.

Lundi, ils étaient confiants. Pour le maire de Grenoble Michel Destot, le projet du PS colle au «message que délivrait Dominique Strauss-Kahn, conscient des avantages et des difficultés de la France» . Mais officiellement, le directeur général du FMI a d'autres préoccupations que celle de surveiller les textes du PS. Lundi, il a prononcé une conférence à l'université George-Washington sur «les défis mondiaux et les solutions mondiales».

Projet PS : augmentation de la fiscalité de 50 mds en 5 ans


Si elle arrivait au pouvoir, la gauche reviendrait sur les déductions fiscales de la droite.

Martine Aubry a présenté mardi officiellement les propositions du PS pour la campagne présidentielle de 2012. Destiné à servir de base au programme du futur candidat, le texte veut jouer la carte de la crédibilité économique : «Redressement de la France et redressement financier sont inséparables», peut-on lire en préambule . Compte tenu du contexte particulièrement tendu pour les finances publiques, «on ne peut pas promettre autant aujourd'hui qu'en 2002 ou en 2007», explique Michel Sapin a tout va. Pour ce projet, «nous n'avons pas voulu partir de la liste de ce qu'on voulait faire et ensuite chercher les moyens de les réaliser mais au contraire commencer par l'évaluation des possibles», détaille le député de l'Indre.

Du coup, le projet est certes financé, mais au prix d'une pression fiscale largement accrue pour les Français. Explications : le PS compte trouver des marges de manœuvre financières en revenant sur ce qu'il considère être les «mauvaises décisions» de la droite. Après avoir examiné au peigne fin toutes les niches fiscales et sociales créées depuis 2002 (bouclier fiscal, niches sur l'ISF, sur l'impôt sur le revenu et sur l'immobilier, détaxation des heures supplémentaires, TVA réduite dans la restauration, alignement de la fiscalité des stock-options, bonus sur les revenus du travail…), la Rue de Solferino prévoit ainsi de supprimer ou recalibrer celles qui sont «trop coûteuses, inefficaces ou injustes». «Nous n'allons évidemment pas tout remettre en cause, relève Michel Sapin. Nous ne sommes pas pour la suppression du crédit d'impôt recherche». Mais au total, «sur les 70 milliards de niches créées depuis 2002, nous en annulerons 50 milliards», annonce le texte. Ce qui revient à dire : augmenter les impôts de 50 milliards.


Les heures supplémentaires



Le projet socialiste précise par exemple que les emplois d'avenir pour les jeunes (3,6 milliards) seront financés par la suppression de la détaxation des heures supplémentaires, «qui rend les embauches plus chères, qui a détruit 90 000 emplois et bloque tout espoir de baisse du chômage». Pour financer «l'amélioration des aides au maintien à domicile des personnes âgées dépendantes» et que chacune puisse «décider de son mode de vie», la gauche prévoit de rétablir la fiscalité sur les grosses successions à son niveau d'avant 2007.

Au total, la moitié de l'argent récupéré par la hausse de la pression fiscale ira aux dépenses supplémentaires pour les mesures en faveur de la compétitivité, de l'emploi, de l'éducation, de la santé et de la sécurité, à raison de 5 milliards par an.

L'autre moitié serait consacrée à la réduction du déficit. «La condition du succès, c'est le rétablissement des finances publiques», plaide-t-on au PS. «Nous voulons inverser la courbe de la dette le plus rapidement possible - dès début 2014 - pour que les marges de manœuvre soient consacrées non pas au paiement des intérêts mais à des politiques publiques nouvelles», renchérit Michel Sapin. L'objectif est un retour «du déficit très nettement en dessous de 3 % du déficit en 2017 ». À condition que la prévision de croissance retenue par le PS - une hausse du PIB de 2,5 % en moyenne sur les cinq années - se réalise…

mardi 5 avril 2011

Le projet du PS validé par les candidats

Réunis en conseil politique, les ténors socialistes ont mis lundi la dernière touche aux propositions pour 2012.

Un projet pour combien de candidats ? En adoptant ses propositions pour 2012 mardi en bureau national, le PS fait un pas de plus vers la présidentielle. Les socialistes espèrent avoir défini au minimum un socle commun entre eux, au mieux un nouveau projet de société. Lundi après-midi, les principaux dirigeants du parti se sont réunis en conseil politique pour les derniers arbitrages. Les ténors devaient s'entendre sur la hiérarchisation des priorités, même si un consensus se dégageait pour ne pas tomber dans le piège du «projet catalogue». Une trentaine de propositions ont été retenues, recouvrant une dizaine de thématiques. Le porte-parole Benoît Hamon a résumé le travail : «nécessité de redresser la France» «nécessité de changer de modèle de développement» et «nécessité de rassembler les Français».

Toute la question est de savoir dans quelle mesure les candidats aux primaires pourront s'écarter du pot commun. Le candidat du PS à l'élection présidentielle ne sera connu qu'en octobre. Mais d'ores et déjà, certains veulent lui lier les mains. «Évidemment que le projet engagera tous les socialistes !» a déclaré lundi Benoît Hamon. «Intellectuellement, il serait curieux de se présenter aux primaires du PS sans partager son projet.» Le sort du texte dépend, en réalité, de l'accueil qui lui sera réservé. «Si le projet est bon, le candidat s'en servira. Sinon il le laissera de côté», résume avec lucidité un des membres du conseil politique.

Touche personnelle

À leur arrivée Rue de Solferino lundi, les candidats déclarés se montraient soucieux de conserver des marges de manœuvre par rapport au texte. «Chacun prendra la liberté de dire quelles sont ses priorités», a assuré Ségolène Royal. Même tonalité chez François Hollande pour qui «le candidat nécessairement mettra un ordre de priorités, insistera nécessairement sur un thème principal». Le sien, c'est la jeunesse.

La question de l'avenir du projet demeure entière. À chaque élection présidentielle, le candidat apporte sa touche personnelle comme Lionel Jospin en 2002 et Ségolène Royal en 2007. À la direction du parti, un dirigeant note toutefois que «le texte est sans comparaison avec ce qui a été fait pour 2007. Il y a eu du travail. Quel que soit le candidat ou la candidate, il y trouvera de la matière».

«C'est un projet, pas un programme», insiste un autre membre de la direction. C'est Laurent Fabius qui travaille actuellement sur «le programme législatif de la première année » si les socialistes devaient l'emporter en 2012. Il doit rendre ses conclusions dans quelques semaines. Avec l'ancien premier ministre à la manœuvre, les partisans de Dominique Strauss-Kahn sont rassurés. Pour eux, Fabius veillera à ce que rien ne gêne DSK, si celui-ci décidait de revenir.

Lundi, ils étaient confiants. Pour le maire de Grenoble Michel Destot, le projet du PS colle au «message que délivrait Dominique Strauss-Kahn, conscient des avantages et des difficultés de la France» . Mais officiellement, le directeur général du FMI a d'autres préoccupations que celle de surveiller les textes du PS. Lundi, il a prononcé une conférence à l'université George-Washington sur «les défis mondiaux et les solutions mondiales».

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