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mercredi 6 avril 2011

Le projet du PS validé par les candidats


Réunis en conseil politique, les ténors socialistes ont mis lundi la dernière touche aux propositions pour 2012.

Un projet pour combien de candidats ? En adoptant ses propositions pour 2012 mardi en bureau national, le PS fait un pas de plus vers la présidentielle. Les socialistes espèrent avoir défini au minimum un socle commun entre eux, au mieux un nouveau projet de société. Lundi après-midi, les principaux dirigeants du parti se sont réunis en conseil politique pour les derniers arbitrages. Les ténors devaient s'entendre sur la hiérarchisation des priorités, même si un consensus se dégageait pour ne pas tomber dans le piège du «projet catalogue». Une trentaine de propositions ont été retenues, recouvrant une dizaine de thématiques. Le porte-parole Benoît Hamon a résumé le travail : «nécessité de redresser la France» «nécessité de changer de modèle de développement» et «nécessité de rassembler les Français».

Toute la question est de savoir dans quelle mesure les candidats aux primaires pourront s'écarter du pot commun. Le candidat du PS à l'élection présidentielle ne sera connu qu'en octobre. Mais d'ores et déjà, certains veulent lui lier les mains. «Évidemment que le projet engagera tous les socialistes !» a déclaré lundi Benoît Hamon. «Intellectuellement, il serait curieux de se présenter aux primaires du PS sans partager son projet.» Le sort du texte dépend, en réalité, de l'accueil qui lui sera réservé. «Si le projet est bon, le candidat s'en servira. Sinon il le laissera de côté», résume avec lucidité un des membres du conseil politique.

Touche personnelle

À leur arrivée Rue de Solferino lundi, les candidats déclarés se montraient soucieux de conserver des marges de manœuvre par rapport au texte. «Chacun prendra la liberté de dire quelles sont ses priorités», a assuré Ségolène Royal. Même tonalité chez François Hollande pour qui «le candidat nécessairement mettra un ordre de priorités, insistera nécessairement sur un thème principal». Le sien, c'est la jeunesse.

La question de l'avenir du projet demeure entière. À chaque élection présidentielle, le candidat apporte sa touche personnelle comme Lionel Jospin en 2002 et Ségolène Royal en 2007. À la direction du parti, un dirigeant note toutefois que «le texte est sans comparaison avec ce qui a été fait pour 2007. Il y a eu du travail. Quel que soit le candidat ou la candidate, il y trouvera de la matière».

«C'est un projet, pas un programme», insiste un autre membre de la direction. C'est Laurent Fabius qui travaille actuellement sur «le programme législatif de la première année » si les socialistes devaient l'emporter en 2012. Il doit rendre ses conclusions dans quelques semaines. Avec l'ancien premier ministre à la manœuvre, les partisans de Dominique Strauss-Kahn sont rassurés. Pour eux, Fabius veillera à ce que rien ne gêne DSK, si celui-ci décidait de revenir.

Lundi, ils étaient confiants. Pour le maire de Grenoble Michel Destot, le projet du PS colle au «message que délivrait Dominique Strauss-Kahn, conscient des avantages et des difficultés de la France» . Mais officiellement, le directeur général du FMI a d'autres préoccupations que celle de surveiller les textes du PS. Lundi, il a prononcé une conférence à l'université George-Washington sur «les défis mondiaux et les solutions mondiales».

Projet PS : augmentation de la fiscalité de 50 mds en 5 ans


Si elle arrivait au pouvoir, la gauche reviendrait sur les déductions fiscales de la droite.

Martine Aubry a présenté mardi officiellement les propositions du PS pour la campagne présidentielle de 2012. Destiné à servir de base au programme du futur candidat, le texte veut jouer la carte de la crédibilité économique : «Redressement de la France et redressement financier sont inséparables», peut-on lire en préambule . Compte tenu du contexte particulièrement tendu pour les finances publiques, «on ne peut pas promettre autant aujourd'hui qu'en 2002 ou en 2007», explique Michel Sapin a tout va. Pour ce projet, «nous n'avons pas voulu partir de la liste de ce qu'on voulait faire et ensuite chercher les moyens de les réaliser mais au contraire commencer par l'évaluation des possibles», détaille le député de l'Indre.

Du coup, le projet est certes financé, mais au prix d'une pression fiscale largement accrue pour les Français. Explications : le PS compte trouver des marges de manœuvre financières en revenant sur ce qu'il considère être les «mauvaises décisions» de la droite. Après avoir examiné au peigne fin toutes les niches fiscales et sociales créées depuis 2002 (bouclier fiscal, niches sur l'ISF, sur l'impôt sur le revenu et sur l'immobilier, détaxation des heures supplémentaires, TVA réduite dans la restauration, alignement de la fiscalité des stock-options, bonus sur les revenus du travail…), la Rue de Solferino prévoit ainsi de supprimer ou recalibrer celles qui sont «trop coûteuses, inefficaces ou injustes». «Nous n'allons évidemment pas tout remettre en cause, relève Michel Sapin. Nous ne sommes pas pour la suppression du crédit d'impôt recherche». Mais au total, «sur les 70 milliards de niches créées depuis 2002, nous en annulerons 50 milliards», annonce le texte. Ce qui revient à dire : augmenter les impôts de 50 milliards.


Les heures supplémentaires



Le projet socialiste précise par exemple que les emplois d'avenir pour les jeunes (3,6 milliards) seront financés par la suppression de la détaxation des heures supplémentaires, «qui rend les embauches plus chères, qui a détruit 90 000 emplois et bloque tout espoir de baisse du chômage». Pour financer «l'amélioration des aides au maintien à domicile des personnes âgées dépendantes» et que chacune puisse «décider de son mode de vie», la gauche prévoit de rétablir la fiscalité sur les grosses successions à son niveau d'avant 2007.

Au total, la moitié de l'argent récupéré par la hausse de la pression fiscale ira aux dépenses supplémentaires pour les mesures en faveur de la compétitivité, de l'emploi, de l'éducation, de la santé et de la sécurité, à raison de 5 milliards par an.

L'autre moitié serait consacrée à la réduction du déficit. «La condition du succès, c'est le rétablissement des finances publiques», plaide-t-on au PS. «Nous voulons inverser la courbe de la dette le plus rapidement possible - dès début 2014 - pour que les marges de manœuvre soient consacrées non pas au paiement des intérêts mais à des politiques publiques nouvelles», renchérit Michel Sapin. L'objectif est un retour «du déficit très nettement en dessous de 3 % du déficit en 2017 ». À condition que la prévision de croissance retenue par le PS - une hausse du PIB de 2,5 % en moyenne sur les cinq années - se réalise…

Fillon : un «programme d'anesthésie nationale» au PS


RÉACTIONS - Un programme «sorti du congélateur» pour Jean-François Copé, un projet «FMI-compatible» pour le Parti de Gauche… Avant même sa présentation officielle, le projet du PS est déjà la cible de vives critiques à gauche comme à droite.

Face aux députés UMP, mardi matin, François Fillon n'a pas mâché ses mots. Pour le premier ministre, le projet du PS pour la présidentielle constitue un «programme d'anesthésie nationale» et un «condensé de démagogie sociale». Des propos qui rappellent ceux de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, qui dénonçait lundi «une bonne dose de copier-coller saupoudrée de démagogie», critiquant notamment les mesures envisagées par les socialistes pour requalifier les stages en contrats de travail.

Pour Jean-François Copé, interrogé mardi matin sur Europe 1, le programme du PS «date du siècle précédent». «Quand vous le lisez, vous retrouvez à travers les acteurs qui l'ont écrit, Martine Aubry, François Hollande et quelques autres, des gens qui étaient sous Jospin et qui ont sorti du congélateur ce qui avait à l'époque fait l'échec de la gauche», a-t-il poursuivi.

«On est passé du care à l'antiquaire»

A droite, les critiques se sont surtout concentrées sur la création de 300.000 «emplois d'avenir», au statut juridique identique aux emplois jeunes mis en place par Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Les emplois jeunes, «c'est un retour vers le futur», juge ainsi le député UMP Lionnel Luca. Même verdict pour le ministre de l'Education, Luc Chatel : «On ressort des placards des mesures qui pour certaines datent de 1965 - l'allocation autonomie - ou les emplois jeunes, qui datent de 1997», a-t-il estimé sur i

Le retour des emplois jeunes est aussi contesté par la gauche de la gauche : «Une solution partielle» et «coûteuse» selon le député communiste André Gérin, interrogé sur RTL. «Des emplois au rabais et à durée déterminée» pour Arlette Lagu iller (Lutte Ouvrière), qui estime qu'il n'y a «rien à attendre pour le monde du travail» du projet socialiste.

Si le PS se targue d'avoir élaboré un programme équilibré, représentatif des différentes sensibilités au sein du parti, les autres composantes de la gauche semblent rester sur leur faim. A l'instar des écologistes, qui dénoncent la frilosité des socialistes sur leur promesse de «sortir du tout nucléaire en 30 à 40 ans». «Il n'y a pas besoin de 30 à 40 ans, on n'est déjà pas dans le tout nucléaire», s'étonne ainsi Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts. «La réalité c'est de savoir si oui ou non on engage un changement de société où on organise la sortie progressive et programmée du nucléaire», ajoute-t-elle. «Sur les paradis fiscaux, sur le système bancaire, il n'y a aucune proposition», observe encore la patronne des écologistes, qui regrette que les limitations de revenus ne soient envisagées que «dans les entreprises où l'Etat a des participations».

Hollande affiche ses ambitions

Les socialistes pensaient pouvoir échapper aux critiques de Jean-Luc Mélenchon, en reprenant dans leur projet la proposition de limiter l'éventail des rémunérations dans les entreprises dans lesquelles l'Etat est actionnaire, qui fait écho à l'idée du député européen d'instaurer un salaire maximum. Las, le Parti de gauche a même ouvert les hostilités avant même la présentation officielle du projet. Brocardant une feuille de route «ni socialiste ni réaliste», les mélenchonistes estiment que «ce programme recycle des promesses anciennes mais ne propose pas de réponses à la hauteur de la crise actuelle». «Un programme FMI-compatible» dépourvu de mesures «pour encadrer l'activité des banques privées», déplore encore le Parti de gauche

«C'est un nouveau projet de société pour les Français», a répondu Martine Aubry peu avant le début de la réunion du bureau national, mardi matin. Si l'essentiel des socialistes ont salué la qualité du travail supervisé par la première secrétaire, certains se sont démarqués. A l'image du sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, qui estime que le projet n'a pas été le fruit d'une «élaboration collective». Candidat déclaré, en froid avec Martine Aubry, François Hollande n'a pas oublié de souligner qu'il appartiendra au candidat désigné lors des primaires de fixer les priorités du programme ainsi que de «compléter et éventuellement supprimer» certaines mesures.

À Dijon, les cadres écolos craignent une «primaire sale»


Réunis pour leur rencontre annuelle, les élus Verts redoutent un nouveau «duel fratricide».

Occuper le terrain. Alors que Nicolas Hulot tergiverse toujours sur sa stratégie pour annoncer sa candidature, Eva Joly multiplie les apparitions devant les militants. À Dijon, mardi soir, elle a profité des rencontres annuelles des élus régionaux d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) pour répéter son envie de porter les couleurs de l'écologie en 2012.

Samedi dernier, à Paris, elle avait profité du conseil fédéral du parti pour inviter les cadres écolos dans un cabaret parisien. «C'est la stratégie du Lièvre et de la Tortue. Mais à la fin, on sait qui gagne», ironisait mardi un élu «hulotiste», qui rappelait que son champion multipliait lui aussi les rencontres. «Mais en petits comités et à l'abri des caméras», ajoutait-il. Aux terrasses des cafés dijonais, pourtant, les conversations n'étaient pas toutes aussi sereines. Beaucoup avouent craindre un nouveau «duel fratricide » comme entre Alain Lipietz et Noël Mamère, en 2002. À l'époque, les écolos avaient dû changer en cours de route de candidat. L'hypothèse d'une candidature hors primaire de Hulot est redoutée.

Pour Emmanuelle Bouchaud (Pays de la Loire), «ce serait un gâchis total». Mais dans leur grande majorité, beaucoup confient ne pas avoir fait leur choix : «Ce qui devrait d'abord compter, c'est notre projet. C'est dommage de nous chamailler comme au PS.» D'autres s'agacent du comportement de Hulot. «Il nous fait un caprice de star ! S'il n'est pas content du vote de dimanche (fixant les modalités de la primaire, NDLR), il n'avait qu'à venir. Il était invité. » Marie Bové (Aquitaine), bien que plutôt «jolyste», espère qu'un compromis se dégage, «quitte à imaginer un ticket avec, pourquoi pas, Hulot en tête et Joly et Duflot derrière». «Ce serait le trio gagnant», croit-elle savoir.

Beaucoup d'élus craignent qu'«une primaire sale » ne casse leur dynamique électorale. Véronique Bérégovoy (Haute-Normandie) joue la discipline de parti : «Je suis élue de ce parti. À ce titre, je soutiendrai le candidat désigné.» Laurence Abeille (Ile-de-France) ne dit pas autre chose : «Je serai derrière le candidat du parti. De toute façon, je ne crois pas que Hulot puisse se présenter sans ! »

La question des 500 signatures pour se présenter est posée. Sur le papier, EELV dispose en effet d'un matelas de 400 signatures : celles de leurs 260 conseillers régionaux, des 50 conseillers ou encore des quatre députés et trois sénateurs. Pour autant, le « scénario catastrophe » d'une candidature «hors primaire» n'est pas écarté par tous. Christophe Rossignol (Centre) la brandit toujours. Pour « mettre la pression» sur la direction, il a commencé à récolter des signatures pour un « référendum d'initiative militant », qui, selon les statuts du parti, autorise un adhérent à redemander un vote. D'autres évoquent la possibilité d'une « motion ponctuelle », qui pourrait être soumise au congrès début juin. Soit une semaine avant le premier tour de la primaire…

2012 : Hulot resterait dans le giron d'Europe Ecologie


Mécontent de l'organisation des primaires écolo, il avait laissé entendre, via son entourage, qu'il pourrait faire cavalier seul pour 2012. Une façon pour l'animateur de faire entendre ses idées.

Novice en politique, Nicolas Hulot serait-il déjà passé maître dans l'art du coup de bluff ? Lundi, son entourage n'excluait pas l'hypothèse d'une candidature à la présidentielle en dehors du cadre de la primaire d'Europe Ecologie Les Verts (EELV). Objectif pour l'animateur : afficher sa colère suite à la décision du Conseil fédéral du parti écologiste de fixer la désignation du candidat en juin avec un corps électoral resserré aux seuls adhérents et «coopérateurs» d'EELV. Nicolas Hulot, lui, préférait un scrutin plus ouvert et en septembre.

En faisant ainsi planer la menace, Nicolas Hulot voulait forcer la direction d'Europe Ecologie à faire machine arrière et à fixer un nouveau calendrier : «Les procédures le permettent», indiquait ainsi Christophe Rossignol, conseiller régional proche de Hulot. Mais l'intérêt pour l'écologiste était aussi de faire monter les enchères autour de sa candidature. Se faire désirer. Daniel Cohn-Bendit, Jean-Vincent Placé, Noël Mamère… Tous ont appelé Nicolas Hulot à «la raison» et à participer à la primaire écologiste. «Cher Nicolas, tu es attendu chez nous. Tu as toute ta place», lance même Eva Joly dans un entretien à La Croix, paru ce mercredi.

Déclaration la semaine prochaine

Satisfait, le camp Hulot a fait volte-face. Nicolas Hulot «ne se situera pas en opposition ni en adversité à Europe Ecologie», a ainsi indiqué Jean-Paul Besset mardi soir. «L'épisode de ce week-end n'a pas entamé sa détermination» car «l'enjeu est ailleurs», précise le député européen. «Il est toujours décidé à y aller oui, contre Europe Ecologie non!», a souligné de son côté l'eurodéputée Sandrine Bélier. Elle précise que «Nicolas Hulot est plus décidé que jamais» pour faire sa «déclaration publique aux Français» la semaine prochaine, avec l'idée d'«assurer une campagne douce dans le respect des uns et des autres».

«Cela ne veut pas dire être pieds et poings liés dans le parti», prévient cependant Jean-Paul Besset. Pour lui, les «formes» de la désignation du candidat écologiste «restent à discuter». «Une fois qu'il sera candidat, la balle sera dans le camp du mouvement pour proposer un mode qui corresponde à cette candidature, à ce qu'elle veut porter et à ce qu'est Europe Ecologie dans son souci d'ouverture, de dynamique et évidemment pas de repli interne», assure-t-il. Les «hulotistes» ne désespèrent donc pas de faire plier la direction d'EELV sur la question du corps électoral des primaires, qu'ils veulent pas limiter aux seuls adhérents. Il faut que «la candidature de Nicolas Hulot ou Eva Joly puisse mobiliser au-delà d'un périmètre strictement militant», martèle Jean-Paul Besset.

En début de semaine, l'entourage de Nicolas Hulot a notamment évoqué la possibilité de lancer un référendum d'initiative militante pour réclamer un nouveau processus pour les primaires. Il faudra pour cela réunir au moins un dixième des 14.000 adhérents du parti.

dimanche 3 avril 2011

Une primaire en juin pour désigner le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts


Qui d'Eva Joly ou de Nicolas Hulot, s'il se présente, sera le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle ? Les militants en décideront lors d'une primaire qui sera finalement organisée en juin. C'est ce qu'ont voté à 57 % les délégués du conseil fédéral du parti réunis dimanche 3 avril à Paris (79 voix pour, 55 contre, 4 blancs).

Le choix de la date des primaires avait déjà fait l'objet d'un vote fin janvier lors d'un parlement houleux où l'option septembre avait été validée? Une date que semblait préférer Nicolas Hulot, favorable à un scrutin à l'automne pour une campagne courte. A l'issue du vote dimanche, ses proches semblaient furieux. Très énervé, l'eurodéputé Jean-Paul Besset n'a pas souhaité s'étendre. "On ne peut pas avoir fait tout ça depuis des années pour arriver à un parti qui se regarde le nombril", a déploré cet intime du promoteur du Pacte écologique de 2007, souhaitant "réfléchir" avant de "tirer des conséquences". Christophe Rossignol a, lui, jugé "totalement irresponsable" le choix du conseil fédéral, soulignant que "tout va se mélanger" entre la primaire et le congrès EELV à La Rochelle (3-5 juin). Il n'exclut pas d'ailleurs une motion de congrès ou un "appel" pour "démontrer que ce vote [pro-Joly] ne représente pas le peuple de l'écologie".

"L'agenda sera hyper serré", a reconnu André Gattolin, proche de Daniel Cohn-Bendit, mais "c'est le mieux pour être crédible pour la campagne" à venir. "Les gens ont eu peur d'être écrasés par la primaire du PS" à l'automne, a résumé Jean-Marc Brûlé, du Bureau exécutif.

"VOUS ME DEMANDERIEZ QUE JE ME RETIRE POUR ZIDANE ?"

De son côté, Jean-Vincent Placé, membre de la direction qui soutient en majorité Eva Joly, a lancé "un message à Nicolas Hulot" : "il faut qu'il participe à ce débat". Ce vote n'est "pas de la défiance contre lui", a-t-il assuré alors que l'animateur d'Ushuaïa (émission diffusée sur TF1) doit faire part de sa décision dans la semaine du 11 avril et que certains craignent qu'il se présente hors du parti. Satisfait que le candidat élu puisse dès l'été "faire des propositions aux Français", Yannick Jadot a aussi tempéré, récusant "un vote pour Joly ou contre Hulot". Mais "juin ou septembre, quand on a envie d'être candidat à une présidentielle, ça ne peut pas intervenir dans la décision!", a-t-il lancé.

Toujours en tête des baromètres de popularité, Nicolas Hulot qui mobilise davantage les jeunes, les femmes et l'électorat de droite qu'Eva Joly, est plébiscité à 66 % par les sympathisants écolos pour 2012selon un sondage Ifop publié dans Sud-Ouest dimanche. Mais Eva Joly, séduisant plus à gauche, se dit toujours "très déterminée et sereine". A sa soirée de soutien samedi, elle a lâché cette petite phrase : "il y a des gens encore beaucoup plus populaires en France que Nicolas Hulot, Zidane par exemple, mais est-ce que vous demanderiez que je me retire pour Zidane?"

Pour les élections de juin, le corps électoral a été ramené aux seuls adhérents et "coopérateurs" (sympathisants non adhérents) et à ceux qui le deviendront d'ici là, moyennant une cotisation de 20 euros. Après un vote par courrier et sur internet, le candidat sera donc connu le 24 juin ou le 9 juillet (en cas de second tour).

Sarkozy serait au second tour de la présidentielle face à Aubry ou Hollande


Nicolas Sarkozy serait qualifié pour le second tour devant Marine Le Pen face à tous les candidats potentiels du PS, et serait à égalité avec Marine Le Pen (18 %) au premier tour, face à DSK (33 %), selon un sondage CSA pour BFM TV, RMC et 20 Minutes, publié jeudi.

Dans l'hypothèse d'une candidature DSK, le directeur du FMI arriverait en tête avec 33 % devant le président sortant qui serait au coude à coude avec Marine Le Pen. Tous deux sont crédités de 18 % d'intentions de vote, selon ce sondage réalisé au lendemain du second tour des cantonales.

Face à Martine Aubry (26 %), Nicolas Sarkozy arriverait en deuxième position (22 %) devant Mme Le Pen, créditée de 19 % d'intentions de vote. François Hollande arriverait lui aussi en première position avec 24 % devant M. Sarkozy (22 %) et Marine Le Pen (19 %). Dans ce cas de figure, Olivier Besancenot arriverait en quatrième position, à 11 % (9 % dans les autres configurations).

Ségolène Royal est la seule candidate potentielle à être éliminée dès le premier tour avec 17 % des suffrages, derrière Marine le Pen (19 %) et Nicolas Sarkozy (22 %).

Mais près de trois Français sur quatre ne croient pas à la réélection du président sortant. A la question "Nicolas Sarkozy sera-t-il réélu président de la République en 2012 ?", 72 % des personnes sondées répondent "non", dont 54 % des sympathisants de droite.

Par ailleurs, l'hypothèse d'une alliance entre l'UMP et le FN au niveau national est rejetée majoritairement puisque 75 % des Français y sont opposés. Le rejet est massif chez les sympathisants de droite qui y sont hostiles à 76 %.

(Sondage réalisé par téléphone les 28-29 mars auprès d'un échantillon national représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus, dont ont été extraites 841 personnes inscrites sur les listes électorales en France, d'après la méthode des quotas, après stratification par région et catégorie d'agglomération)

Le premier ministre annonce un allègement des charges pour les agriculteurs


Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), envoyée spéciale - Clôturant, jeudi 31 mars, le congrès de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le premier ministre, François Fillon, a, faute d'annonces sonnantes et trébuchantes, donné son feu vert à un allégement du coût du travail et même fixer un calendrier. Il s'est ainsi engagé à ce qu'à l'automne soit soumis au Parlement "une disposition concrète" allégeant les charges pesant sur le travail permanent et ce "pour une application au début de 2012". "Complexe", cette question du coût du travail n'en est pas moins "légitime", a-t-il concédé aux agriculteurs.

Réunis en congrès à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), les agriculteurs n'en attendaient pas moins. Attendu jeudi 31 mars pour clôturer le congrès de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le premier ministre, François Fillon, devrait, faute d'annonces sonnantes et trébuchantes, donner son feu vert à un allégement du coût du travail et en fixer le calendrier. Il devrait ainsi s'engager à ce qu'à l'automne soit soumis au Parlement un dispositif visant à alléger les charges pesant sur le travail permanent.

En 2009, le gouvernement a déjà allégé le coût des contrats saisonniers agricoles, en les exonérant la quasi-totalité des charges patronales. Un premier pas qui reste insuffisant pour les exploitants agricoles. "Les comptes, je les fais tous les mois avec mes 40 salariés. Le coût horaire d'un permanent s'élève à 12,50 euros chez nous quand en Allemagne le salarié qui coupe la même salade revient à 6 euros ! Et nos produits ne sont pas payés plus cher", s'exaspère ainsi Angélique Delahaye, présidente de la fédération des producteurs de légumes, qui déplore de voir de plus en plus se délocaliser Outre-Rhin les productions d'asperges, de salades, de fraises…

LE COÛT DE L'EXONÉRATION : 1 MILLIARD D'EUROS

Une réalité que ne dément pas lui-même le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire. "Le problème de l'agriculture française depuis des années, c'est le retard de compétitivité qu'elle a pris", a-t-il ouvertement reconnu mercredi sur Canal+ avant de se rendre au congrès de la FNSEA. "Je suis très favorable à un allègement supplémentaire des charges sur le travail en agriculture", a-t-il même déclaré, ouvrant la voie à l'annonce du premier ministre.

Devant les espoirs suscités chez les agriculteurs par une proposition de loi déposée par le Nouveau Centre (NC) qui doit être examinée par l'Assemblée nationale le 14 avril, le gouvernement n'avait à vrai dire pas d'autres choix que de reprendre l'initiative sur ce sujet. D'autant que Nicolas Sarkozy cherche à reconquérir l'électorat paysan.

Cette proposition déposée par les députés NC Jean-Dionis du Séjour et Charles de Courson vise à exonérer de charges patronales l'ensemble des emplois salariés agricoles. Le coût de cette exonération, chiffré à 1 milliard d'euros, serait financé par une "taxe" de 1 %, sur le modèle de la taxe poisson, appliquée aux grands distributeurs réalisant "plus de 750 000 euros de chiffre d'affaires" et assises sur les ventes de produits agro-alimentaires.

Or l'Elysée comme le ministre de l'agriculture n'ont jamais caché leur farouche opposition face à un tel dispositif, le jugeant coûteux et non "eurocompatible". "Il n'est pas de question de prendre le risque d'être amenés après à demander aux agriculteurs de rembourser des aides indument perçues au regard du droit européen", a redit, mercredi soir, Bruno Le Maire devant la presse à Saint-Malo, après s'être prêté à un jeu de question réponse avec les agriculteurs. Le matin même, son entourage le disait soulagé de savoir que la proposition de loi du Nouveau Centre venait d'être rejetée en commission économique à l'Assemblée nationale.

QUINZE JOURS POUR TROUVER UN ACCORD

Faut-il encore trouver une autre solution. Tout en se disant prêt à nourrir leur réflexion, le gouvernement entend laisser l'initiative aux parlementaires de la majorité. Reçu le 22 mars par François Fillon en présence de Bruno Le Maire, Jean Dionis du Séjour et Charles de Courson ont ainsi été invités à travailler à une nouvelle proposition avec notamment Bernard Reynès, député UMP qui a été mandaté pour remettre au gouvernement un rapport sur ce sujet en juin.

Interrogé par Le Monde, M. Dionis du Séjour, bien que ne croyant "pas une seconde" son projet contraire au droit européen, se dit ouvert à la discussion. Mais pas question pour lui de retirer dans l'immédiat sa proposition de loi. "Nous avons quinze jours d'ici à l'examen de notre proposition, pour trouver un accord recevant l'aval du gouvernement, relève-t-il. Soit on trouve un accord et nous retirerons notre texte après la discussion générale. Soit on ne le trouve pas et nous le maintiendrons au débat à l'Assemblée nationale et au Sénat", assure-t-il, rappelant qu'au-delà des élus du Nouveau Centre, 86 députés UMP ont maintenu leur signature sur son texte en dépit d'un courriel du ministre de l'agriculteur leur demandant de s'en désolidariser.

Reste encore à s'entendre tant sur l'étendue de la mesure – doit-elle concerner l'ensemble des emplois permanents agricoles ou seulement quelques filières ? – que sur les moyens de son financement. Jeudi à Saint-Malo, le premier ministre a d'ores et déjà écarté l'idée, avancée par la FNSEA, de s'appuyer sur une TVA sociale. "Pouvons nous alléger le coût du travail d'un côté et augmenter de l'autre le poids des charges pesant sur la consommation ?", a-t-il interpellé. "Cette idée a des mérites, mais, a-t-il ajouté, elle se heurte au niveau déjà très élevé de la fiscalité sur la consommation." Et il s'est prononcé pour une mesure "ciblée sur certains produits et au profit de certaines professions".

"C'est une première mise en bouche", a déclaré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, prenant acte de l'engagement pris par le premier ministre. "Nous allons faire la démonstration que nous sommes pourvoyeurs d'emplois et faire des propositions", a-t-il conclu.

Mayotte accède à son statut de département dans la confusion


Coup de théâtre ou simple effet de scène à Mayotte : les cérémonies qui devaient marquer, jeudi 31 mars, l'accession de cette collectivité de l'océan Indien au statut de 101e département français ont été reportées, probablement jusqu'à dimanche. Un embrouillamini politico-juridique a décidé de ce report. Les huit élus UMP et Nouveau Centre (sur 19 sièges) ont en effet décidé de boycotter ce jeudi la séance inaugurale du conseil général, où devait être désigné un nouveau président.

Le président sortant Ahamed Attoumani Douchina (UMP) a ouvert la séance inaugurale à 9 heures et constaté l'absence du quorum des deux tiers nécessaires à l'élection de son successeur... Il a donc lancé une nouvelle convocation dimanche.

Mais la loi du 3 août 2009 précise que le statut de département entre officiellement en vigueur à Mayotte "à compter de la première réunion suivant le renouvellement de son assemblée délibérante en 2011". Selon l'interprétation de la préfecture, ladite réunion a bien eu lieu puisqu'une majorité de conseillers étaient présents, même si elle n'a pas élu de nouveau président. Après avoir tergiversé, le gouvernement abondait dans le même sens et déclarait le département de Mayotte "officiellement créé jeudi". Seules les festivités sont donc repoussées à dimanche.

COLÈRE D'UNE PARTIE DE LA POPULATION

Cet impromptu a mis dans l'embarras la ministre de l'outre-mer, qui était en route vers Mayotte pour représenter le gouvernement lors de ces cérémonies officielles. Marie-Luce Penchard a donc dû prolonger son escale à La Réunion, en attendant que la situation se dénoue et qu'un président de conseil général puisse l'accueillir.

La ministre de l'outre-mer, Marie-Luce Penchard, et le député Modem de Mayotte Abdoulatifou Aly (G) présentent, le 28 mars, à Pessac, une pièce de 10 euros consacrée à Mayotte devenu, le 31 mars, le 101e département français.

La ministre de l'outre-mer, Marie-Luce Penchard, et le député Modem de Mayotte Abdoulatifou Aly (G) présentent, le 28 mars, à Pessac, une pièce de 10 euros consacrée à Mayotte devenu, le 31 mars, le 101e département français. AFP/PIERRE ANDRIEU

L'imbroglio est né des résultats des cantonales, marquées par le recul de la droite. Ont été élus huit conseillers "progressistes", huit conseillers de droite et trois conseillers du centre. Tout le début de la semaine a été occupé à des tractations entre les différents camps, finalement assez mouvants dans leur composition. Les "progressistes" qui estimaient pouvoir réunir une majorité avec le soutien de centristes dénonçaient jeudi une manœuvre de la droite pour bloquer le basculement à gauche du conseil général. Les tractations et tentatives de ralliement devraient donc se poursuivre jusqu'à dimanche.

Le report in extrémis des cérémonies a provoqué la colère d'une partie de la population mahoraise qui commençait déjà à converger vers le lieu où elles étaient organisées. Mayotte avait refusé l'indépendance en 1975 et militait depuis pour devenir un département à part entière. Elle avait voté en 2009 à 95 % pour ce statut.

François Hollande officialise sa candidature à la primaire socialiste


"J'estime qu'il n'y a plus de temps à perdre. Il y a même urgence. Il faut à un moment qu'il y ait des idées et une incarnation du changement. C'est la raison pour laquelle ici, à Tulle, devant vous mes amis, j'ai décidé de présenter ma candidature à la présidentielle à travers la primaire du parti socialiste". Comme il l'avait annoncé depuis longtemps, François Hollande, réélu président du conseil général de Corrèze, a officialisé jeudi 31 mars son entrée dans la course à l'investiture socialiste.

Il s'agit plus d'une officialisation que d'une véritable entrée en compétition. M. Hollande, 56 ans, est en campagne de fait depuis l'été 2010, et met en avant des thèmes dont il espère qu'ils créeront la différence : réforme fiscale, priorité à la jeunesse... Le candidat a rappelé dans son discours sa volonté "d'offrir à la génération qui vient après nous une vie meilleure" et "d'écrire une nouvelle page", ou encore "d'ouvrir un temps nouveau pour la France".

ONZE ANS À LA TÊTE DU PS

Plus tôt dans la journée, M. Hollande avait profité de sa réélection pour évoquer sa volonté. "Quand il y a une crise au sommet de l'Etat, quand il y a des risques d'extrémisme ou de défiance, il faut qu'il y ait, à un moment, une incarnation d'une espérance", avait-il lancé. Dans son discours de candidature, bref, prononcé devant un parterre de fidèles, il a également évoqué "un moment difficile pour le pays", faisant notamment allusion au virage à droite de Nicolas Sarkozy et de l'UMP et à la montée du Front national.

François Hollande est le quatrième candidat officiel à la primaire socialiste et le second "poids lourd" après son ex-compagne, Ségolène Royal. Patron du PS durant onze ans (1997-2008), il a dû gérer la défaite de Lionel Jospin au premier tour de l'élection en 2002 et son retrait de la vie politique. Devenu patron de fait d'un PS en grand désarroi et enclin aux divisions, il a pratiqué le consensus - "mou", selon ses détracteurs -, quitte à ne pas trancher les dilemmes qui agitaient le parti avant et après 2007.

Un temps "présidentiable", la victoire du "non" au référendum constitutionnel européen de 2005, auquel il avait appelé à voter oui, lui a coûté sa chance en 2007, où il a vu la mère de ses enfants, avec laquelle il était en train de se séparer, triompher de ses rivaux avant d'échouer face à Nicolas Sarkozy.

CHANGEMENT D'IMAGE

Pour casser son image qualifiée de trop "bonhomme", M. Hollande a perdu une dizaine de kilos, cessé de sourire trop souvent et limité les traits d'humour dont il était pourtant friand pour adopter un discours plus sérieux . L'ancien patron du PS a les faveurs de la presse, pour qui il incarne un contrepoids à la domination de Dominique Strauss-Kahn dans les sondages.

Sur une ligne réformiste plutôt que radicale, il incarne, à l'instar du patron du FMI, un PS social-démocrate. Mieux en cour auprès des militants que M. Strauss-Kahn, plus clairement identifié que lui "à gauche" dans l'opinion, François Hollande doit encore séduire les sympathisants de gauche qui voteront pour la primaire socialiste.

Avec cette candidature, la campagne primaire du PS devrait maintenant démarrer pour de bon. M. Hollande y fait face à Ségolène Royal, Arnaud Montebourg ou Manuel Valls (encore officiellement candidat, il a fait part de son soutien à "DSK"). Deux inconnues demeurent : le retour de M. Strauss-Kahn, toujours pas confirmé officiellement malgré une multiplication de "signes", et l'éventualité d'une candidature de Martine Aubry, qui lui a succédé à la tête du PS.

Les ministres divisés sur leur participation au débat sur la laïcité


A quoi ressemblera au final ce fameux débat sur l'islam, devenu débat sur la laïcité ? Mercredi 30 mars, on apprenait qu'il serait organisé dans un hôtel parisien et ne durerait finalement que deux heures, durant lesquelles seraient organisées deux tables rondes.

Les invités ne sont pour l'instant pas connus. Mais on sait déjà que nombre de ténors de la majorité ne seront pas présents. A commencer par François Fillon. Le premier ministre, "en accord avec le chef de l'Etat", selon son entourage, a annoncé qu'il ne se rendrait pas à cet événement contre lequel il s'est positionné à plusieurs reprises, et qui lui a valu un conflit ouvert avec le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui l'accuse de "ne pas jouer collectif".

BACHELOT "PAS D'ACCORD" AVEC LE DÉBAT

L'annonce de François Fillon a ouvert la voie aux défections de ses proches. La ministre des solidarités, Roselyne Bachelot, a ainsi annoncé sur i>Télé qu'elle ne serait pas présente non plus. Adoptant un ton tranché, elle a expliqué n'être "absolument pas d'accord pour que le débat tourne autour de l'islam", et "préférer se concentrer sur les problèmes concrets des Français".

Même chose pour Gérard Larcher, président du Sénat, qui se dit opposé à un débat qui "stigmatise" l'islam et a vu dans l'annonce de François Fillon qu'il n'y participerait pas un "geste politique" destiné à démarquer le gouvernement des initiatives prises par un parti politique. Dominique Paillé, ancien porte-parole de l'UMP entré au Parti radical, a lui aussi décidé de ne pas assister au débat, jugeant "qu'il est urgent que nous tournions la page à l'UMP de ce type de situation".

Sur la sellette à la suite de ce débat qui déchire la majorité, tiraillée entre partisans et opposants à la ligne de "droitisation" choisie par l'Elysée pour espérer retrouver les faveurs de l'électorat âgé et modeste, le patron de l'UMP a toutefois trouvé nombre de soutiens ministériels.

SEPT MINISTRES PRÉSENTS

François Baroin, porte-parole du gouvernement, qui avait d'abord estimé qu'il fallait "mettre un terme à tous ces débats", avant que l'UMP annonce qu'il allait revenir sur cette déclaration, sera finalement présent au débat. Il ne sera pas seul. Sont annoncés les ministres Luc Chatel (éducation), Gérard Longuet (défense), Bruno Le Maire (agriculture), Valérie Pécresse (enseignement supérieur), Thierry Mariani (transports), Nadine Morano (apprentissage) et Benoît Apparu (logement).

Jean-François Copé a évoqué une nouvelle fois les pistes qui seront abordées, et qui vont de la "formation des imams" aux "règles à l'hôpital", voire à la rédaction d'un "code de la laïcité", une initiative de Claude Guéant, qui souhaite rassembler les textes législatifs existant sur la question. De l'hôpital à l'école en passant par les imams, la plupart des questions soulevées possèdent en effet déjà une réponse dans la loi, ou ont fait l'objet de commissions et de rapports nombreux depuis quelques années.

Dans tous les cas, le gouvernement a martelé à de nombreuses reprises qu'il ne toucherait pas à la loi de 1905 sur la laïcité.

L'appel de Tulle de François Hollande


Tulle (Corrèze), correspondant - "François, François, président"… C'est avec ce slogan et sous un tonnerre d'applaudissements que près de 200 amis, sympathisants, militants et élus de gauche du département de la Corrèze ont accueilli François Hollande, ce jeudi 31 mars en début d'après-midi, sous les voûtes de la grande salle de l'Hôtel Marbot de Tulle, siège du conseil général. Devant une nuée de photographes, caméras et journalistes, dans une joyeuse cohue parfaitement scénarisée, le député de la Corrèze et tout nouveau président du conseil général, a déclaré sa candidature "à l'élection présidentielle à travers la primaire du Parti socialiste".

"Je tire ici ma légitimité", a-t-il affirmé pour justifier le lieu de son annonce et rappeler "le long chemin" déjà parcouru. "Désormais, c'est de la France qu'il s'agit, de notre pays, notre grand pays", a insisté le candidat avec des accents très mitterrandiens. "Je n'accepte pas l'état dans lequel le pays se trouve. Je n'accepte pas la situation qui est faite aux Français. Je refuse la division sciemment entretenue par un pouvoir qui joue sur les peurs. Je refuse l'injustice. Je ne supporte pas la souffrance dans laquelle vivent beaucoup de nos concitoyens", a-t-il martelé, en visant "un président en fin de course, sans cap, sans moralité, dans une fuite en avant périlleuse".

Pour François Hollande, "le moment est venu de mettre la France en avant. Faire le pari de la jeunesse, de son éducation. De sa réussite dépend aussi la nôtre. C'est pourquoi il faut qu'il y ait ce pacte entre les générations qui permette à la France d'avancer". Et de décliner les grands axes d'un futur programme : "Mettre la France en avant c'est faire le choix de la justice fiscale, sociale et territoriale. Réconcilier. Rassembler."

"UNE INCARNATION DU CHANGEMENT"

Faisant un petit détour par l'actualité politique du moment, le candidat a évoqué "la laïcité qui ne doit pas être un sujet de débat, ni de pugilat, mais une règle qui s'impose à tous".

Pour lui, "la gauche doit se situer à la hauteur des enjeux. Dire la vérité. Lever une espérance. Ouvrir une période de changement et de progrès. Offrir à la génération qui vient un avenir, une vie meilleure que la nôtre". Se voulant une "incarnation du changement", François Hollande a poursuivi sur "l'issue de cette primaire, qui doit être la meilleure. Non pas seulement pour le PS, pour la gauche, mais pour la France".

Avant de conclure en prenant une hauteur toute présidentielle : "Ce qui nous attend, ce n'est pas une compétition entre nous, pas seulement de savoir qui et pourquoi. C'est d'être capable de donner à la France la fierté qu'elle mérite, et aux Français la confiance qu'ils attendent."

François Hollande s'est ensuite engouffré dans sa voiture, direction Paris, où il était attendu pour le journal de 20 heures sur France 2. A travers les vitres, il a fait un dernier salut, façon Jacques Chirac, aux Corréziens venus le soutenir.

Dans la matinée, François Hollande avait été réélu président du conseil général de la Corrèze par 20 voix contre 17 à son adversaire de droite, Claude Nougein. C'est Bernadette Chirac, doyenne d'âge du haut de son sixième mandat, qui a présidé cette séance et installé le nouveau président.

Le PS porte plainte contre un proche de Georges Frêche dans l'Hérault


Critiquée pour son soutien à Jean-Noël Guérini, sulfureux patron de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, la direction du Parti socialiste a choisi de faire le ménage... dans l'Hérault. Elle annonce, jeudi 31 mars, avoir déposé une plainte pour abus de confiance à l'encontre de Robert Navarro, proche de Georges Frêche, le défunt président du conseil régional du Languedoc-Roussillon.

Georges Frêche avait été exclu du parti avant les régionales de 2010 à la suite de plusieurs dérapages verbaux. Réélu facilement malgré l'investiture d'une candidate socialiste face à lui, il est décédé le 24 octobre 2010. Entre-temps, le PS avait envoyé une commission enquêter sur cette fédération. Constatant de "nombreux dysfonctionnements", elle avait mis sous tutelle la fédération.

CONTREFEU ?

La plupart des fidèles de M. Frêche, dont Robert Navarro, avaient été exclus également du parti. La plainte du PS concerne "de nombreuses factures réglées pendant plusieurs mois par la fédération sans lien avec son fonctionnement". Selon le PS, Robert Navarro aurait continué à faire régler par la fédération ses déplacements et ceux de ses proches.

L'annonce de cette plainte survient opportunément. La direction du PS était critiquée pour son soutien persistant à Jean-Noël Guérini, alors qu'un rapport d'Arnaud Montebourg accuse ce dernier de régenter d'une main de fer et dans l'irrégularité la fédération des Bouches-du-Rhône, qu'il dirige tout en étant président du conseil général, cumul en principe interdit par les statuts du PS.

Jean-Noël Guérini a été réélu jeudi à la tête de son département, avec les voix du PS. Il a en revanche accepté de quitter la tête de la fédération socialiste départementale rapidement.

Le PS met en avant son projet de "banque publique d'investissement"


A quelques jours de la présentation de son projet, mardi, le PS semble vouloir mettre en avant une proposition issue de son programme économique : une banque publique d'investissement. C'est en tout cas ce point que Benoît Hamon a choisi de mettre en avant, vendredi 1er avril sur RTL. Ce pôle piloterait et financerait la politique industrielle, selon le porte-parole du PS, qui a affirmé : "Il y aura demain, si les socialistes reviennent au pouvoir, un Etat véritablement stratège."

"Nous voulons demain que, pour qu'on garde nos entreprises (...) et qu'on évite les délocalisations, qu'il puisse y avoir un instrument financier qui programme ces investissements à moyen et long terme, ce que le secteur financier privé ne fait pas", a-t-il dit.

Selon Benoît Hamon, le projet socialiste "surprendra par la volonté de desserrer l'étau des contraintes" budgétaires. "Ce qui est important, c'est de dire que ces contraintes sont imposées par le système libéral et qu'on peut les desserrer", a-t-il fait valoir. La proposition de "banque publique d'investissement" serait un exemple de cette volonté.

TENTER DE SE DÉMARQUER DE LA DROITE

"L'objectif, c'est de maintenir l'emploi pour éviter qu'il n'y ait plus d'entreprises et plus d'ouvriers un jour, et d'autre part créer ces fameux emplois verts", a ajouté le porte-parole.

La proposition évoquée par M. Hamon n'est pas nouvelle : jusqu'alors, le PS parlait d'un "pôle public d'investissement industriel" baptisé 2P2I. "On parlera demain de banque publique d'investissement", a d'ailleurs précisé le porte-parole.

En déplacement en Normandie fin janvier, Martine Aubry avait justifié le concept : "Il n'y a plus de politique industrielle en France", avait-elle dit, lors d'un déplacement effectué avec Laurent Fabius. On pourrait remarquer que le thème de la réindustrialisation a largement été mis en avant par Nicolas Sarkozy et n'est pas propre au PS. Mais, faisaient valoir les socialistes fin janvier, la politique menée par la droite depuis 2002 a été "libérale et française, quand elle aurait dû être interventionniste et européenne" (lire Les socialistes se posent en défenseurs de l'industrie française en édition abonnés du Monde). Ils affirment aussi qu'il faudrait aider en priorité les PME, plutôt que les grands groupes.

Le projet du Parti socialiste est le fruit d'un travail entre tous les courants internes. Il a été critiqué comme une collection de propositions pas assez hiérarchisées et jugé trop à gauche par certains partisans de DSK ou François Hollande. Le candidat qui sera finalement investi pourrait s'en inspirer mais également s'en écarter. Martine Aubry, elle, met beaucoup en avant le projet, notamment depuis la fin des cantonales. Elle prononcera, samedi 2 avril, un discours à la jeunesse.

GDF-Suez : Jean-François Copé visé par une plainte


Une plainte pour prise illégale d'intérêts dans le dossier GDF-Suez visant initialement Gérard Longuet a été élargie au secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé. Cette plainte avec constitution de partie civile a été déposée le 31 mars par un actionnaire minoritaire de GDF-Suez, Jean-Marie Kuhn, après le classement par le parquet de Paris d'une première plainte visant celle-ci le seul Gérard Longuet.

Dans la plainte, Jean-François Copé est accusé d'avoir en tant que ministre du budget (2004-2007) "suivi de très près les préparatifs à la fusion GDF-Suez". Redevenu député, puis inscrit comme avocat au cabinet Gide, un grand cabinet d'affaires parisien, en 2007, M. Copé a, selon M. Kuhn, "été dans une situation de conflit d'interêts" et de "trafic d'influence" dans le dossier GDF-Suez.

CONFLITS D'INTÉRÊTS

La plainte fait état d'un "lobbying effectué par M. Copé auprès des députés au profit de GDF-Suez en contrepartie d'honoraires importants sous couvert de son métier d'avocat". "C'est totalement fantaisiste, je n'ai jamais eu à traiter de ce dossier, je n'ai jamais été sollicité," a réagi M. Copé auprès de l'AFP, vendredi 1er avril. Après une vive polémique sur de possibles conflits d'interêts dus au cumul de ses activités d'avocat et de sa fonction de député, le secrétaire général de l'UMP a renoncé "en début d'année 2011" à son activité au sein du cabinet Gide.

Dans sa plainte M. Kuhn accuse par ailleurs Gérard Longuet, consultant de GDF-Suez lorsqu'il était sénateur, d'avoir "usé de son influence pour obtenir la libéralisation du prix de l'énergie ainsi qu'un cadre législatif et réglementaire favorable à GDF-Suez". Pour ce petit actionnaire, il s'agit d'une "situation incontestable de prise illégale d'interêts". Pour sa part, M. Longuet avait jugé ces accusations "sans fondement", se défendant d'avoir d'une manière quelconque avantagé GDF-Suez.

M. Kuhn accuse également M. Longuet d'avoir été "le principal artisan" d'un contrat du 23 décembre 2009 entre l'Etat et GDF-Suez "qui comporte une indexation du prix du gaz sur le prix du pétrole". Le 22 mars le parquet de Paris avait classé la première plainte de M. Kuhn pour "absence d'infraction".

Nicolas Hulot, candidat écologiste préféré des Français, selon un sondage


Nicolas Hulot apparaît comme le candidat préféré des Français pour représenter Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à l'élection présidentielle de 2012, loin devant sa concurrente Eva Joly qui ne recueille que 28 % de soutiens, selon un sondage IFOP à paraître dans Sud Ouest Dimanche. Ce choix en faveur du présentateur d'Ushuaïa est massif parmi les sympathisants écologistes, 66 % d'entre eux le préférant à Eva Joly, qui recueille 32 % d'opinions.

L'institut IFOP souligne que "le profil des soutiens des deux candidats varie assez nettement". La candidature de Nicolas Hulot apparaît davantage souhaitée par les femmes (65 % contre 55 % des hommes) et les plus jeunes (70 % des 18-24 ans, 66 % des 25-34 ans contre 57 % des plus de 35 ans).

Le créateur de l'émission Ushuaïa mobilise davantage les sympathisants de droite puisque 69 % d'entre eux se prononcent pour sa candidature, et plus particulièrement des sympathisants UMP (71 %). Eva Joly, elle, séduit davantage l'électorat de gauche : 36 % des sympathisants de gauche la choisissent (contre seulement 16 % à droite). Elle plaît également davantage aux sympathisants PS (37 %) qu'à ceux d'EELV (32 %).

Nicolas Hulot doit se prononcer en avril sur une éventuelle candidature à la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts pour la présidentielle de 2012.

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 31 mars au 1er avril, auprès d'un échantillon représentatif de 1 016 personnes âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Le PS saisit la Cour de justice de la République dans l'affaire Tapie


Les députés socialistes ont décidé de saisir la Cour de justice de la République à propos du règlement de l'affaire opposant Bernard Tapie au Consortium de réalisation (CDR) chargé de la gestion du passif du Crédit lyonnais. Dans un courrier, dont Le Monde a eu connaissance, adressé, vendredi 1er avril, à Jean-Louis Nadal, procureur général près la Cour de cassation, ils estiment qu'"un faisceau d'indices" tend à montrer que les décisions prises "avaient pour objet de favoriser des intérêts particuliers au détriment de l'intérêt public".

Cette saisie intervient au lendemain de la publication du rapport de la commission des finances de l'Assemblée nationale sur le règlement de ce contentieux (Le Monde du 2 avril). Et alors que la Cour des comptes a elle-même transmis à la Cour de discipline budgétaire et financière un rapport soulignant des "dysfonctionnements caractérisés" et mettant en cause deux hauts fonctionnaires : Jean-François Rocchi, le président du CDR, et Bernard Scemama, celui de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR) supervisant cette structure.

A l'issue d'une procédure judiciaire qui aura duré près de quinze ans, un tribunal arbitral a condamné le CDR à verser 285 millions d'euros, hors intérêts, à M. Tapie, dont une indemnité de 45 millions au titre du préjudice moral. "Le choix par la ministre de l'économie et des finances de recourir, à la demande de Bernard Tapie, à une procédure arbitrale plutôt qu'à un règlement judiciaire, illustré notamment pas la décision rendue le 9 octobre 2006 par la Cour de cassation, suscite l'interrogation", écrivent les neuf députés signataires de la saisie, dont le président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault.

"UNE AFFAIRE D'ETAT", DIT JEAN-MARC AYRAULT

C'est donc Christine Lagarde, dans l'exercice de ses fonctions de ministre de l'économie et des finances, qui est visée par la saisie. "Nous sommes en face d'une affaire d'Etat", déclare au Monde M. Ayrault, pour qui les décisions ayant abouti à ce règlement sont "illégales et immorales". "Nous voulons la vérité et la justice. C'est elle qui a pris les décisions, mais, pour nous, il est clair que les arbitrages ont été faits au plus haut niveau, affirme le député de Loire-Atlantique. Nous avons tout épuisé en matière de recours. Pour nous, la Cour de justice de la République est la seule voie."

Le courrier adressé par les députés socialistes au procureur général soulève plusieurs motifs éventuels de qualification pénale. Selon eux, la décision prise par Mme Lagarde – les représentants de l'Etat au CDR et à l'EPFR ont toujours déclaré avoir agi sur instruction ministérielle – de recourir à une procédure d'arbitrage alors que la Cour de cassation venait de se prononcer sur le litige, en écartant la responsabilité du Crédit lyonnais et en renvoyant à la cour d'appel pour un jugement au fond, relève de l'"abus d'autorité". "Cette décision pourrait avoir pour objet de contourner une décision de justice ", estiment-ils. De plus, ajoutent-ils, " ce choix visait à préférer une solution, l'arbitrage, plus favorable à M. Tapie, et donc moins favorable aux intérêts financiers de l'Etat que la décision judiciaire déjà prononcée".

Ils soulèvent également une éventuelle qualification de "faux et usage de faux". La Cour des comptes a relevé une anomalie dans les termes du compromis d'arbitrage entre la version approuvée par le CDR et sa signature, l'expression " préjudice moral " ayant été ajoutée, sous la signature de M. Rocchi, postérieurement à la réunion du conseil d'administration du CDR. "Qui en a pris l'initiative ou en a permis la réalisation ?", s'interrogent les signataires. "La Cour des comptes ne peut saisir la Cour de discipline budgétaire que de l'action des deux hauts fonctionnaires. Mais nous savons qu'ils n'ont pu agir que sur ordre ministériel", explique au Monde M. Ayrault.

"LES INTÉRÊTS PARTICULIERS DE M. TAPIE"

Enfin, dans leur lettre adressée à M. Nadal, les députés socialistes considèrent que la commission d'instruction de la Cour de justice de la République devra se prononcer sur une éventuelle "complicité de détournement de fonds publics". Ils se demandent "si la solution retenue a pu être délibérément choisie en privilégiant, en connaissance de cause, les intérêts financiers particuliers de M. Tapie au détriment de ceux de l'Etat".

Pour répondre à l'ensemble de ces questions, les députés socialistes estiment que la Cour de justice de la République doit être saisie. "A ce prix, le soupçon porté publiquement sur des actes du gouvernement pourra être confirmé ou levé", concluent-ils. "C'est un enjeu républicain si on veut rétablir la confiance de nos concitoyens en leurs représentants", affirme M. Ayrault.

Réagissant aux informations du Monde, la ministre de l'économie Christine Lagarde a annoncé samedi, dans un communiqué, qu'elle examinait "les actions judiciaires susceptibles d'être engagées" à l'encontre des députés socialistes qui l'accusent. "Le recours à l'arbitrage ne constitue en aucune façon un 'abus d'autorité"", se défend Mme Lagarde dans le communiqué du ministère, en réaffirmant que son choix "a été fait pour sauvegarder les intérêts de l'Etat".

Les électeurs de droite préfèrent Fillon à Sarkozy


François Fillon arrive en tête des candidats que les électeurs de droite souhaiteraient voir concourir à la présidentielle de 2012, devant Nicolas Sarkozy, selon un sondage Harris Interactive publié dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Ils sont 57% à souhaiter que le premier ministre soit candidat contre 54 % à préférer le chef de l'Etat.
Les deux têtes de l'exécutif devancent largement les autres personnalités de droite comme Alain Juppé (41 %), Jean-Louis Borloo (33 %), Dominique de Villepin (29 %) ou encore Jean-François Copé (22 %). Parmi les seuls sympathisants UMP néanmoins, c'est Nicolas Sarkozy qui arrive en tête (78 %) devant François Fillon (70%).

Concernant les sujets qui devraient occuper une place importante dans le projet des candidats en 2012, on retrouve dans l'ordre l'emploi (pour 97 % des personnes interrogées), la croissance (95 %), le système social (94 %), le pouvoir d'achat (94 %), l'éducation (93 %). La laïcité, sur laquelle l'UMP organise un débat controversé le 5 avril, arrive loin derrière, n'étant un sujet prioritaire que pour 66 % des sondés.

Ce sondage a été réalisé du 29 au 31 mars auprès d'un échantillon de 594 personnes se situant à droite (méthode des quotas).

La candidature Hollande réveille les critiques contre les primaires


La déclaration de candidature de François Hollande pour 2012 n'a, pour l'instant, pas recueilli un accueil très chaleureux de la part des ténors socialistes. L'annonce de l'ancien premier secrétaire du parti, jeudi 31 mars, n'est pas une surprise, a souligné Benoît Hamon, vendredi sur RTL. Tout en réfutant un quelconque "embarras" : "Au contraire, les primaires prennent forme", s'est félicité le porte-parole du PS.

Malgré ce message apaisant, les socialistes qui se sont exprimés depuis l'annonce de François Hollande n'ont pas caché une certaine circonspection, comme si cette officialisation réveillait leurs craintes d'une primaire trop disputée, voire nocive pour le futur candidat PS. La hausse de François Hollande dans les enquêtes d'opinion ne facilite effectivement pas les choses pour les partisans de Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.

L'ancienne ministre Elisabeth Guigou craint que "l'annonce interfère" avec la présentation du projet socialiste prévue mardi 5 avril. "J'espère en tout cas que ça ne va pas envahir toutes les discussions, tout l'espace médiatique, et que nous allons pouvoir faire connaître nos propositions", a-t-elle ajouté sur Europe 1.

"J'espère que la différenciation [entre les candidats] ne se fera pas de manière artificielle, par des postures, mais sur des sujets de fond." Cette pique lancée, Elisabeth Guigou a pourtant admis que François Hollande faisait "un travail intéressant sur le fond". Pour autant, elle ne le voit pas faire partie des favoris : "Je pense, au moment où je vous parle, qu'au final la décision se fera entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn", a-t-elle estimé, sans dévoiler sa préférence.

"AUTANT ÊTRE DERRIÈRE CELUI OU CELLE QUI AURA LE PLUS DE CHANCES"

Le député PS Claude Bartolone a, lui, plaidé pour que les candidats les plus sérieux renoncent à s'affronter à la primaire : "J'avais parlé de primaire de confirmation, eh bien je la souhaite plus que jamais", a-t-il lancé, sur Canal+. Comme "il n'y a pas d'écart entre les propositions des uns et des autres (...), autant être tous derrière celui ou celle qui aura le plus de chances." Pour l'élu de Seine-Saint-Denis, pas de doute non plus : les favoris sont Aubry et Strauss-Kahn.

Le député Jean-Louis Bianco, lui, craint que la primaire s'avère nocives pour le parti. Il espère donc que la campagne interne ne s'éternisera pas : "Entre maintenant et le mois d’octobre [date de la primaire], on va avoir une campagne plus ou moins claire, plus ou moins larvée. On a déjà vu les petites phrases qui commencent, en tout cas de la part des entourages, a déploré sur Europe 1 l'ancien directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007. Ce que je souhaiterais au moins, c’est que Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry se déclarent vite. Faisons ce vote le plus tôt possible."

Pour Benoît Hamon, l'essentiel est le projet socialiste, qui sera présenté mardi 5 avril. Les premières versions du texte avaient été critiquées, notamment par les partisans de MM. Strauss-Kahn et Hollande, certains le jugeant trop confus ou trop à gauche économiquement. Mardi, sa présentation devrait mettre en valeur Martine Aubry, la première secrétaire du PS. M. Hamon a répété que cette dernière, "sur le rassemblement de la gauche, a toutes les qualités". Tout en précisant : "Comme porte-parole du PS, il ne me revient pas aujourd'hui de distribuer les bons et les mauvais points."

Les jeunes socialistes lancent leur campagne pour la présidentielle


C'est par une virulente attaque contre le Front national que le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a engagé sa campagne pour l'élection présidentielle. Devant quelque 700 militants et quelques responsables du Parti socialiste, dont Martine Aubry, la première secrétaire, tous réunis, samedi 2 avril, dans une salle parisienne surchauffée, la présidente du MJS, Laurianne Deniaud, a fustigé " la respectabilité " dont Marine Le Pen cherche à parer le parti dont elle a pris les rênes, en janvier.

" Je n'ai pas peur de Marine Le Pen et il n'y a pas besoin d'aller chercher son père pour faire tomber les masques ", a déclaré la jeune femme en s'adressant virtuellement à la présidente du FN. " Vous qui débauchez quelques syndicalistes égarés pour repositionner votre marque de la grande bourgeoisie réac sur le terrain social, avez-vous déjà eu le courage un jour, de venir dans une manifestation pour le pouvoir d'achat ? ", a-t-elle tempêté. " Vous êtes finalement comme l'a toujours été votre famille politique. Lâche et menteuse, incapable d'affronter les problèmes du monde. (…) Votre famille politique est celle de la lâcheté et de la trahison dans notre histoire. Madame, pour le moment, vous n'avez fait qu'une chose de votre vie : relooker cette lâcheté et ces mensonges. Finalement, dans l'histoire de la vieille extrême droite française, vous n'êtes sûrement qu'un détail."

300 000 EMPLOIS D'AVENIR

Martine Aubry, qui a pris la parole après la présidente du MJS, a quant à elle donné " rendez-vous " aux jeunes dans " 400 jours ", pour l'élection présidentielle. Elle a promis "une politique qui ne les stigmatise pas, ne les considère pas comme une menace". La première secrétaire du PS a critiqué les inégalités sociales dont souffre la jeunesse, en dénonçant "un monde d'héritiers" où "le bonheur de quelques-uns est indexé sur le malheur de tous les autres". Promettant notamment "300 000 emplois d'avenir dès les deux premières années", elle a repris à son compte la "majeure partie, pour ne pas dire la totalité", des "huit engagements" que le MJS venait de présenter. L'une d'entre elles est une vieille revendication des mouvements de jeunesse de gauche : une allocation d'autonomie.

Parmi les autres mesures défendues par le MJS figurent notamment l'encadrement des loyers, une attestation de contrôle d'identité, une augmentation de 200 euros de tous les salaires compris entre 1000 et 3000 euros ou encore la fusion des universités et des grandes écoles… Martine Aubry a terminé par un appel à la mobilisation. " Nous avons besoin de la jeunesse, car c'est elle qui porte les valeurs qui sont au cœur de notre projet, a-t-elle déclaré. Mobilisez-vous ! Battez-vous contre tous les conservatismes ! "

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