dimanche 3 avril 2011

Au Maroc, l’étonnant discours d’un roi


Mohammed VI a surpris son peuple en annonçant mercredi une réforme des institutions qui, si elle devenait effective, transformerait le pays en monarchie constitutionnelle.

Il aura pris tout le monde de court. Onze minutes de discours, sept points et une réforme majeure pour le royaume. Elle était réclamée depuis de longues années par une partie de l’opposition, depuis quelques semaines par la rue, et plus personne ne l’attendait. En résumé, Mohammed VI a promis mercredi de renforcer le pouvoir du Premier ministre, qui deviendrait «chef d’un pouvoir exécutif effectif» et «pleinement responsable de la conduite du programme gouvernemental».
Valet. C’est la mesure phare de ce projet de réforme : le Premier ministre choisi par le roi étant devenu dans la pratique un valet du souverain, notamment parce que la Constitution actuelle, réformée en 1996, ne précise pas si l’institution gouvernementale est une entité subordonnée au monarque ou si elle est autonome. Désormais, ce Premier ministre sera obligatoirement issu du parti arrivé en tête des élections, et non plus choisi arbitrairement par le roi. Par ailleurs, la Chambre des représentants, élue au suffrage universel, devrait se voir dotée de pouvoirs supérieurs par rapport à la Chambre haute, dont les membres sont élus aux élections indirectes. L’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs, mais aussi la composante berbère amazigh du Maroc seront inscrites dans la Constitution.
Enfin, la démocratie devrait s’élargir aux régions, avec des conseils qui seront désormais élus au suffrage direct, leurs présidents dotés de pouvoirs qui revenaient jusque-là aux gouverneurs et aux walis (préfets) nommés par le roi. Pour mettre en œuvre cette batterie de réformes, une commission ad hoc doit être créée et sera présidée par le constitutionnaliste Abdellatif Menouni. Il aura notamment pour mission d’être «à l’écoute» et de «consulter les partis politiques, les syndicats, les organisations de jeunes et les acteurs associatifs». Les propositions de réforme devront être présentées au roi d’ici le mois de juin, avant d’être soumises à référendum, comme le prévoit la Constitution.
«Sacralité». Des mesures importantes sur le papier, saluées par l’ensemble de la presse hier. «Il a fait preuve de lucidité et d’intelligence politique, commente Driss Ben Ali, économiste et figure de la société civile. Il n’y avait pas péril en la demeure et il a su se montrer à l’écoute des revendications.» «Ce n’est pas assez, commente pour sa part Najib Chaouki, blogueur et l’un des organisateurs du «mouvement du 20 février», à l’origine de la vague de manifestations qui s’est emparée du royaume ces trois dernières semaines. Le roi réduit le pouvoir des walis, mais il ne résout pas le problème. On ne veut plus de walis ou de caïds[chef local, non élu, ndlr]. On ne veut que des élus, comme dans tous les systèmes démocratiques.» Nizar Bennamate, 25 ans, également membre du mouvement de contestation, est moins catégorique. «Les promesses sont intéressantes, mais je suis méfiant, explique-t-il. Le roi reste ambigu sur la question centrale de la monarchie : pourquoi n’a-t-il pas clairement parlé de monarchie parlementaire ?» Les deux confirment le maintien de la manifestation du 20 mars pour «continuer à faire pression». Ils veulent demander la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et obtenir plus de garanties sur la transition vers une monarchie parlementaire.
Du côté des partis politiques, l’enthousiasme est unanime. «Les gens pensent que la monarchie parlementaire, ça se décrète, or, pour moi, c’est un processus, et il a été clairement lancé par le roi», relativise Ali Bouabid, membre du bureau politique du parti socialiste, l’USFP. Selon lui, Mohammed VI est allé très loin dans ce discours «historique et audacieux», en donnant des orientations qui ouvrent la voie à une «démocratisation du régime», notamment avec le transfert de pouvoir aux conseils régionaux. Lui craint plutôt une incapacité des «élites politiques et des partis à faire face à ces réformes».
«Ce discours ouvre beaucoup de perspectives, estime quant à lui Driss Ben Ali, mais pose aussi beaucoup de questions», en particulier sur le rôle du roi. Quelles seront les attributions exactes du Premier ministre ? Y aura-t-il toujours des ministères de souveraineté ? «L’armée, la sécurité et le Sahara occidental, traditionnellement placés sous l’autorité directe du roi, seront-ils soustraits à la responsabilité du gouvernement ?» De la même façon, le monarque a réaffirmé la «sacralité» de sa personne mercredi soir, et son rôle de «commandeur des croyants». «Je ne vois pas comment la sacralité peut s’accorder avec la modernité, estime encore Driss Ben Ali. Tout décideur politique doit pouvoir être contrôlé et évalué.»
Pour l’économiste, il faut donc «passer au plat de résistance» et mettre en œuvre tous ces principes pour pouvoir juger. Et jusqu’au mois de juin, date à laquelle la commission ad hoc chargée de la réforme doit rendre sa copie, il faut maintenir la pression de la rue. «Nous devons rester vigilants, comme en Tunisie ou en Egypte, où les gens continuent de manifester chaque jour.»

Syrie: vague d'arrestations au lendemain de manifestations


Manifestants et militants des droits de l'homme font état de dizaines d'interpellations, mais aussi de tirs à balles réelles.

Les autorités syriennes ont procédé samedi à une vague d'arrestations au lendemain de manifestations ayant rassemblé des milliers de personnes en faveur de la démocratie et fait au moins neuf morts, ont indiqué des militants des droits de l'homme.

Les Etats-Unis et l'ONU ont dénoncé le recours à la force contre les manifestations qui ont eu lieu vendredi en Syrie à l'appel d'opposants déçus par l'absence d'annonce par le président Bachar al-Assad d'une réforme démocratique majeure face à la contestation sans précédent.

Près de 40 personnes ont été appréhendées à Douma, à 15 km au nord de Damas, à Homs, 160 km au nord, et à Deraa, épicentre de la contestation lancée le 15 mars à 100 km au sud de la capitale, selon les militants.

Quelque 200 personnes ont manifesté de nouveau à Deraa. "La mort plutôt que l'humiliation", "Liberté, Liberté", ont-ils scandé, alors que la Syrie vit depuis près de 50 ans sous le régime de l'état d'urgence qui réduit les libertés et interdit les manifestations.

Des dizaines de manifestants ont été interpellés et embarqués à bord d'un autocar après le rassemblement, a indiqué un témoin. A l'aube avaient déjà été appréhendés l'architecte Khaled al-Hassan, l'avocat Hassan al-Aswad, l'enseignant Issam Mohammed et Mohammad Fara, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé à Londres.

Dans la cité agricole de Douma, où une manifestation s'est terminée dans le sang la veille avec au moins huit morts et des dizaines de blessés, au moins douze personnes ont été interpellées, a affirmé un militant. Les forces de sécurité n'ont rendu que quatre corps aux familles et un seul a été enterré samedi.
Snipers

Un témoin avait affirmé que les policiers avaient riposté par des tirs à balles réelles contre les manifestants qui leur lançaient des pierres à la sortie de la mosquée à Douma.

Mais les autorités ont accusé "une bande armée" d'avoir tiré. La télévision officielle a interviewé trois membres des services de sécurité hospitalisés qui ont affirmé "avoir été, lors de la manifestation, la cible de tireurs embusqués sur les toits et de motards cagoulés".

Dans la ville industrielle de Homs, où des manifestations avaient également eu lieu, l'OSDH a fait état de 17 arrestations.

L'agence officielle Sana a accusé une autre "bande armée" d'avoir tiré contre des manifestants dans cette ville, tuant "une fillette".

L'OSDH a exigé dans un communiqué que "soient libérés tous les prisonniers d'opinion, que cessent les arrestations abusives d'opposants politiques et que les citoyens puisse jouir de leurs droits légitimes de se rassembler pacifiquement et de s'exprimer".

Par ailleurs, a été postée samedi sur Youtube la vidéo du réquisitoire d'un député de Deraa contre les forces de sécurité, les accusant d'avoir ouvert le feu "sans pitié" et reprochant au chef de l'Etat de n'être pas venu dans la région pour s'excuser.
Excuses

Selon Youtube, Youssef Abou Roumiyé aurait fait son intervention lors du discours mercredi au Parlement du président Bachar al-Assad, mais cela ne semble pas être le cas et il a été impossible d'en avoir confirmation.

Les forces de sécurité "ont ouvert le feu sur des citoyens à Deraa faisant des morts et des blessés, et ont empêché que ces derniers soient transportés vers les hôpitaux", raconte-t-il.

Après les faits, "les gens (...) attendaient vraiment la visite du président Bachar al Assad, ses excuses et ses condoléances aux habitants", dit-il.

Les Etats-Unis ont salué vendredi le "courage et la dignité" des manifestants syriens, et le chef de l'ONU Ban Ki-moon "a déploré le recours à la violence contre des manifestants pacifiques", selon un communiqué de son porte-parole.

Quelque 2000 druzes habitant sur le plateau du Golan occupé par Israël ont manifesté samedi pour soutenir le président syrien, a indiqué le site israélien Ynet.

Libye: des civils tués par une frappe de l'Otan


%" assure, dans l'hôpital d'Ajdabiya, le Dr Mohamad Ahmad. "C'était une erreur. Ces voitures étaient trop près des combats, tout près des lignes de Kadhafi. Et un soldat ou un civil Neuf rebelles et quatre ambulanciers ont été tués par erreur à Brega, où se poursuivent les combats. Tripoli rejette le cessez-le-feu proposé par le Conseil de transition. Le point ce samedi.

Des civils tués par un frappe de l'Otan

Un avion de la coalition a ouvert le feu à vendredi à une quinzaine de kilomètres à l'est de Brega sur un convoi de cinq ou six véhicules, dont une ambulance, après qu'un rebelle a tiré en l'air à la mitrailleuse.
Neuf rebelles ont trouvé la mort dans cette frappe, ainsi que les quatre occupants de l'ambulance, le conducteur et trois étudiants en médecine de Benghazi.
Selon le déroulement des faits, reconstitué par l'AFP sur place et à Ajdabiya, tout serait parti d'un tir de joie, vers le ciel, d'un insurgé libyen. "L'un de nos hommes a tiré en l'air, après un raid de l'Otan contre les positions des hommes de Kadhafi. Il était heureux, ils avançaient sur Bréga", explique Issa Khamis, chargé à Ajdabiya de la coordination avec les autorités de la rébellion, à Benghazi. "Les avions ont vu des balles traçantes, ils ont certainement cru qu'on leur tirait dessus alors ils ont détruit le convoi", ajoute-t-il.
"C'est un raid de l'aviation. J'en suis sûr à 100
mal entraîné a fait la bêtise de tirer en l'air".
 
Sur le lieu de la frappe. Photo Andrew Winning / Reuters
A Ajdabiya, acquise à la cause de l'insurrection libyenne, pas une voix ne s'élève pour blâmer l'Otan et ses avions, sans lesquels les rebelles n'ont aucune chance face à l'armée de Tripoli.
Cinq km après l'emplacement du tir sur le convoi civil, une position entière de l'armée de Tripoli a effectivement été détruite vendredi soir par les chasseurs-bombardiers de l'Otan.
Une équipe de journalistes de l'AFP a compté samedi matin, dispersés dans les dunes, sept cadavres de soldats libyens, dont certains atrocement déchiquetés. Près de l'amas de ferraille noirci qui fût l'un de leurs pick-ups, le cratère d'une bombe: cinq mètres de diamètre, deux de profondeur.
L'Otan a de son côté indiqué qu'elle enquêtait sur ces informations, sans pour autant avoir ouvert d'enquête formelle.

Brega repris par les insurgés ?

La bataille pour le contrôle de la ville pétrolière de Brega, dans l'est de la Libye, se poursuivait samedi en fin d'après-midi par d'intenses échanges de tirs entre les forces de Mouammar Kadhafi et les insurgés.
Les rebelles tiraient au lance-roquettes multiple vers le sud de la ville en direction des positions de l'armée loyale à Kadhafi. Le contrôle du terminal pétrolier restait incertain, même si, en début de matinée, des rebelles avaient affirmé tenir cette position.
Des tirs d'obus partaient de la ville vers sa périphérie, ont indiqué à l'AFP des rebelles, de retour du front.
 
A l'extérieur de Brega. Finbarr O'Reilly / Reuters
Le site pétrolier de Brega constitue depuis plusieurs jours le théâtre d'intenses combats et la ligne de front entre les forces loyalistes et les rebelles, qui avaient dû se replier vers Ajdabiya plus à l'est.


Pas de cessez-le-feu

A Benghazi, fief des rebelles à 1000 km à l'est de la capitale, Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil national de transition (CNT) mis en place par la rébellion, s'est dit prêt à respecter un cessez-le-feu, à deux conditions: «que nos frères dans les villes de l'ouest puissent s'exprimer librement et que les forces (pro-Kadhafi) qui assiègent nos villes se retirent.»
Mais Tripoli a rejeté ces conditions vendredi soir, affirmant que les troupes gouvernementales ne quitteraient pas les villes qu'elles contrôlaient.

Civils tués

Onze personnes dont huit civils ont péri en trois jours dans la zone disputée, selon des sources médicales à Ajdabiya, à 80 km à l'est de Brega: cinq civils sont morts mercredi, trois jeudi et trois rebelles vendredi.
Les versions divergeaient cependant sur les circonstances exactes de la mort des civils, l'une affirmant qu'ils avaient été tués dans des raids aériens de la coalition internationale et l'autre disant qu'ils l'avaient été par les forces du colonel Kadhafi.
Tripoli a accusé vendredi soir la coalition internationale de commettre des «crimes contre l'humanité» en bombardant des civils, notamment dans l'est. Selon Moussa Ibrahim, six civils ont été tués jeudi par des frappes de la coalition à Bouargoub, un petit village près de Brega.

Raids de la coalition

Après avoir battu en retraite sous les bombardements de la coalition internationale, les troupes de Mouammar Kadhafi ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, reprenant plusieurs localités aux insurgés, en particulier le site pétrolier de Ras Lanouf.
Elles poursuivaient vendredi leur offensive à coups d'obus de chars et de roquettes sur la ville rebelle de Misrata, à l'est de Tripoli, faisant 28 morts en trois jours, selon un porte-parole des insurgés.
La coalition internationale a mené vendredi soir des raids sur des positions des forces loyales, dans les régions d'El-Khoms (est), et El-Rojban (nord-ouest), a rapporté la télévision d'Etat.
Vendredi, des responsables du Pentagone ont confirmé à l'AFP que l'US Army commencerait à retirer ses avions de combat et ses missiles du théâtre des opérations à partir de ce week-end pour s'en tenir, comme prévu, à un rôle de soutien, l'Otan ayant pris jeudi la direction des opérations assumées depuis le 19 mars par la coalition menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni.

Deux-tiers des Français favorables à l'intervention militaire

66% des Français restent favorables à l'intervention militaire de la coalition internationale en Libye deux semaines après le début des opérations, selon un sondage IFOP à paraître dans Dimanche Ouest-France. Un taux d'approbation inchangé par rapport à la précédente enquête Ifop sur le même thème, parue le 23 mars dans France Soir.

Israël réclame l'annulation du rapport Goldstone


Israël réclamait dimanche l'annulation du rapport de Richard Goldstone l'accusant de "crimes de guerre" durant son offensive contre la bande de Gaza à l'hiver 2008/2009, après les regrets exprimés par ce juge sud-africain.
"J'appelle l'ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l'Histoire", a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon son bureau, il a demandé à des juristes et des experts du ministère des Affaires étrangères d'étudier le dossier.
"Il faut à présent multiplier les efforts pour que ce rapport soit annulé, et je vais m'y employer", a renchéri dimanche à la radio militaire le ministre de la Défense, Ehud Barak, après avoir demandé au juge Goldstone de "publier ses conclusions actuelles" sans se contenter d'un simple article de presse.
Dans une tribune publiée samedi par le Washington Post, M. Goldstone écrit que son rapport fin 2009 évoquant de possibles crimes de guerre de la part d'Israël comme du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, pendant l'opération "Plomb durci" aurait été "un document différent" aujourd'hui.
Dans sa tribune samedi, M. Goldstone a expliqué que des attaques israéliennes contre des civils avaient été classées comme intentionnelles parce qu'aucune autre conclusion n'était possible à l'époque, mais que de nouveaux éléments avaient montré depuis qu'il n'y avait pas eu de politique visant à cibler les civils "de manière intentionnelle".
Cette conclusion s'appuie sur le travail d'enquêteurs israéliens, qui ont examiné "plus de 400 allégations de mauvaises conduites opérationnelles", selon un comité créé par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour assurer le suivi du rapport, explique le juge Goldstone, relevant que le Hamas n'a pour sa part pas mené d'enquête sur ses propres tirs contre des civils.
L'offensive israélienne visant à mettre fin aux tirs de roquettes depuis le territoire palestinien avait coûté la vie à 1.400 Palestiniens, en majorité des civils, et à 13 Israéliens, pour la plupart des militaires.
A la publication du rapport, les autorités israéliennes, qui avaient refusé de collaborer avec l'enquête de l'ONU, s'étaient déchaînées contre son auteur, accusé de faire le jeu du Hamas à Gaza.
Après la tribune, le président israélien Shimon Peres a appelé le juge "à s'excuser, pour avoir accusé Israël de crimes de guerre et ignoré que l'offensive d'auto-défense +Plomb durci+ avait été lancée en riposte à des milliers de roquettes tirées (depuis Gaza) contre des civils innocents".
Un porte-parole du Hamas a déclaré dimanche à l'AFP que le mouvement islamiste réagirait "dans la journée" à la volte-face de M. Goldstone.
Tous les journaux israéliens ont consacré dimanche leur première page aux "regrets" du magistrat sud-africain.
"Il voit enfin clair", écrit le grand quotidien populaire Yédiot Aharonot. "Après tous 2les dommages que vous nous avez causés, vous vous réveillez. Bien le bonjour! Mais, c'est trop tard! ", s'est écrié à la radio publique Yaron Dekel, expert des affaires politiques.
Pour l'éditorialiste du journal Maariv, le juge sud-africain "ne mérite pas le pardon, car il a agi d'une façon misérable et honteuse, contraire aux normes les plus fondamentales de la morale, de la justice et du bon sens".
Et le quotidien de gauche Haaretz salue les regrets du juge comme "une formidable victoire médiatique d'Israël".

Syrie: un ex-ministre chargé de former le nouveau gouvernement


Le président syrien, Bachar al-Assad, a chargé dimanche le ministre de l'Agriculture sortant, Adel Safar, de former le nouveau gouvernement, a annoncé l'agence officielle Sana alors que le régime fait face à une vague de contestation.
"Le président Bachar al-Assad a promulgué un décret chargeant Adel Safar de former le gouvernement", a rapporté Sana.
Membre du parti Baas et âgé de 58 ans, M. Safar a fait des études d'agriculture à l'Université de Damas avant d'obtenir un doctorat en France. De 1997 à 2000, il a occupé le poste de doyen de la faculté d'Agriculure à Damas avant de devenir ministre de l'Agriculture en 2003.
Le gouvernement sortant de Mohammad Naji Otri, en fonction depuis 2003 n'a pas survécu à la contestation dans le pays et a démissionné le 29 mars.
Le mouvement de contestation, déclenché le 15 mars à l'appel de pages Facebook exigeant des réformes politiques, en particulier la fin de la corruption, l'instauration d'un Etat civil et plus de libertés.
Mercredi, dans son premier discours depuis le début de la contestation, M. Assad a affirmé que son pays était confronté à une "conspiration" et n'a pas proclamé la fin de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963 que lui seul peut abolir.
Le lendemain, le président syrien a annoncé la création d'une commission de juristes qui doit rédiger d'ici au 25 avril une nouvelle législation pour remplacer la loi d'urgence, et d'une commission d'enquête sur les morts à Deraa et à Lattaquié.
Le parti Baas avait décrété l'état d'urgence dès son arrivée au pouvoir en mars 1963. Celle-ci réduit sensiblement les libertés publiques et permet l'arrestation de "suspects ou de personnes menaçant la sécurité". Elle autorise aussi la surveillance des communications et le contrôle préalable des médias.
Bachar al Assad est arrivé au pouvoir en 2000, après avoir succédé à son père qui avait dirigé ce pays depuis 1970.
Les autorités syriennes ont procédé samedi à une vague d'arrestations au lendemain de manifestations ayant rassemblé des milliers de personnes en faveur de la démocratie et fait au moins neuf morts, selon des militants des droits de l'Homme.

Au moins 41 morts dans un double attentat au Pakistan


Deux kamikazes ont tué dimanche au moins 41 personnes en faisant exploser leurs bombes à l'entrée d'un mausolée soufi dans le centre du Pakistan, pays en proie à une vague extrêmement meurtrière d'attentats des talibans alliés à Al-Qaïda, a annoncé la police.
L'attaque visait les pèlerins qui venaient se recueillir devant la tombe d'Ahmed Sultan, un saint soufi du 13e siècle, plus connu sous le nom de Sakhi Sarwar, à Dera Ghazi Khan, un district où les talibans et d'autres groupes qui leurs sont alliés sont relativement actifs.
"Deux kamikazes à pied ont fait exploser les bombes qu'ils portaient quand la police a tenté de les empêcher d'entrer", a expliqué à l'AFP Zahid Hussain Shah, un officier de police contacté par téléphone sur les lieux du drame.
"Pour l'heure, nous avons compté 41 morts", a-t-il précisé, ajoutant que plus de 70 personnes ont été blessées. Les victimes sont essentiellement des pèlerins et des personnes venant, comme chaque dimanche dans de nombreux sanctuaires de saints de l'islam au Pakistan, passer une journée en famille.

Syrie: des dizaines de milliers de personnes aux obsèques des manifestants de Douma

Des milliers de personnes ont accompagné dimanche les dépouilles de huit manifestants tués vendredi à Douma, près de Damas, alors que le président syrien Bachar al-Assad a nommé le ministre sortant de l'Agriculture Adel Safar pour diriger le nouveau gouvernement.

Les protestataires ont annoncé de nouvelles manifestations cette semaine alors qu'Internet a été coupé plus de six heures et que les communications par le téléphone portable étaient très difficiles en raison, officiellement, d'une "congestion" du réseau.

"Huit morts de Douma ont été enterrés aujourd'hui. Il y a trois autres manifestants tués mais qui sont des villages voisins d'Arbine et Sbinah", a déclaré Mazen Darwiche, directeur du Centre national de l'information et de la libre expression, fermé depuis 2009, qui était présent aux obsèques.

Selon lui, "des dizaines de milliers de personnes ont participé aux obsèques. Elles ont scandé des slogans en hommage aux martyrs, réclamé la liberté et s'en sont prises à la presse officielle".

"Où sont les gangs", proclamaient des pancartes pour tourner en dérision la version officielle accusant des "bandes armées d'avoir ouvert le feu vendredi à partir des toits".

Quelques appels à la "chute du régime" ont été étouffés par la foule. Les obsèques sont parties de la grande mosquée de Douma vers le cimetière en passant par les rues de la ville. Il n'y avait aucune présence visible des forces de sécurité.

Pour sa part, Mountaha al-Atrache, porte-parole de l'organisation syrienne des droits de l'Homme "Sawasiyah", qui a aussi participé aux obsèques, a assuré que "les manifestations se poursuivront. Le peuple ne gardera plus le silence car la barrière de la peur est tombée".

Vendredi, huit protestataires avaient été tués lors de l'une des manifestations après le discours présidentiel jugé décevant.

Selon un habitant, 90 personnes interpellées par les forces de sécurité ont été remises en liberté mais il en reste 15 dont on est sans nouvelles.
Appel à une journée de protestation mardi

Par ailleurs, le président Assad "a promulgué un décret chargeant Adel Safar de former le gouvernement", selon l'agence officielle Sana.

Membre du parti Baas, M. Safar, 58 ans, est un spécialiste des questions agricoles notamment dans les régions arides. "C'est un geste fort envers cette population particulièrement touchée ces dernières années par une terrible sécheresse", a expliqué à l'AFP un économiste.

Le gouvernement dirigé par Mohammad Naji Otri, en place depuis 2003, n'a pas survécu à la contestation et a présenté mardi sa démission.

Mais cette nomination n'a pas satisfait les contestataires. Ils appellent à une "semaine des martyrs" avec une journée de protestation mardi, au "boycottage" mercredi des téléphones portables qui ont offert une heure gratuite à la population pour avoir soutenu le régime, et à des rassemblements jeudi devant les sièges du parti Baas à l'occasion de l'anniversaire de la fondation de ce parti en 1947.

Ils ont également demandé à leurs partisans de défiler vendredi dans toute la Syrie pour montrer "le mécontentement du peuple". Il s'agira du quatrième vendredi où les Syriens sont appelés à descendre dans la rue pour afficher leur mécontentement face à l'absence de libéralisation du régime.

"La contestation est limitée dans son ampleur mais elle s'enracine", a affirmé à l'AFP un homme d'affaires syrien qui a tenu à garder l'anonymat.

Et si le nombre des manifestants est resté limité, la contestation s'est élargie sur le plan géographique. Vendredi, des manifestations se sont ainsi déroulées pour la première fois dans le nord du pays, à majorité kurde.

Au total, près de 80 protestataires ont été interpellés depuis vendredi à Damas, Homs, Douma, Deraa et Deir Ezzor (450 km au nord-est de Damas).

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