dimanche 3 avril 2011

En finale contre Nadal à Miami, Djokovic peut entrer dans l'Histoire


Novak Djokovic, n°1 mondial bis grâce à un début de saison sans tache, affronte Rafael Nadal (n°1) dimanche en finale du tournoi de Miami pour tenter de compléter une rare trilogie, avec l'Open d'Australie et Indian Wells, que seuls trois joueurs ont achevée depuis 1990. S'il remporte son deuxième titre à Key Biscayne, le Serbe de 23 ans rejoindra en effet Pete Sampras (1994), Andre Agassi (2001) et Roger Federer (2006) parmi les vainqueurs des trois grands tournois du début de saison.

Mais lui seul aura alors accompli cet exploit en restant invaincu depuis le début de l'année. Le Belgradois surfe en effet sur une vague de 23 victoires de rang en 2011 et une 24e ferait de lui le maître absolu du premier quart de la saison, avant la transition vers deux mois sur terre battue. Depuis trente ans, seuls deux joueurs ont fait mieux pour entamer l'année : John McEnroe avec 39 succès en 1984 et Ivan Lendl avec 25 en 1986.

"JE NE ME SENS PAS INVICIBLE"

Dans sa marche triomphale, le Serbe s'est adjugé trois titres (avec Dubaï) et a épinglé Federer (trois fois en deux mois), Nadal et Andy Murray à son tableau de chasse, ce qui l'a propulsé au 2e rang mondial. A Miami, le Belgradois n'a pas perdu un set, n'a concédé que 18 jeux en cinq matches (soit moins de 4 par match en moyenne) et n'a pas encore perdu son service, sauvant les 15 balles de break qu'il a eues contre lui. Mardy Fish, auquel Djokovic a laissé quatre jeux en demi-finale, n'y va pas par quatre chemins : "Novak nous écrase."

"Je ne me sens pas invincible, assure pourtant le Serbe en réponse à une question qui revient fréquemment. Ce que je ressens, c'est de la confiance en moi. Je joue le meilleur tennis de ma vie. C'est aussi simple que ça. Je ne pense pas à ma série de victoires, combien de temps ça va durer, contre qui je vais perdre. Bien sûr, c'est un plaisir de faire partie de l'histoire mais je dis à mon équipe de ne pas me parler de records."

"Novak gagne tout facilement, ce qu'il a fait depuis trois mois est fantastique, souligne Nadal. Contre lui en finale à Indian Wells (défaite 4-6, 6-3, 6-2 il y a deux semaines), j'ai senti que j'avais une chance mais j'ai perdu ma concentration dans le deuxième set et je me suis mis à jouer de façon plus défensive. Ce n'est pas possible de gagner ainsi contre Novak."

Les forces khadafistes bombardent Misrata, combats autour de Brega


Les forces de Mouammar Kadhafi ont pilonné dimanche 3 avril la ville de Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, alors que les combats se poursuivent dans l'Est pour le contrôle de Brega.

Un médecin de Misrata a déclaré par téléphone à Reuters que 160 personnes, des civils pour la plupart, avaient été tuées au cours de la semaine écoulée. Encerclés par les forces adverses, les insurgés affirment contrôler toujours le port de la ville, mais les troupes gouvernementales sont déjà parvenues jusqu'au centre. Un insurgé de Benghazi se disant en contact régulier avec un habitant de Misrata a déclaré que la ville manquait de vivres.

D'après la chaîne Al-Arabiya citant un témoin, les forces gouvernementales ont également bombardé la petite ville de Yefren, dans une région montagneuse à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, faisant deux morts. Au sud-ouest de Tripoli, des habitants de Ketla ont également annoncé que la ville avait été visée vendredi et samedi par des dizaines de roquettes Grad des forces loyales au colonel Kadhafi, qui ont fait plus d'une trentaine de morts.

Dans l'Est, les troupes loyalistes ont bloqué une nouvelle tentative des rebelles de progresser sur la route du golfe de Syrte, mais les insurgés disent réorganiser leurs forces. "Nous avons formé notre première brigade, entièrement composée de militaires ayant fait défection ou à la retraite", a déclaré l'ancien commandant de l'armée de l'air Djalid al Libie à Benghazi. "Avant la fin de la semaine, vous verrez un autre type de combat qui fera pencher la balance", a-t-il ajouté.

INCERTITUDES À BREGA

Une unité rebelle bien organisée tiendrait encore ses positions dans Brega, mais l'information impossible à vérifier car la plupart des reporters ont été contraints de repartir vers l'est. Les insurgés ont néanmoins pu s'appuyer sur les frappes aériennes de la coalition internationale, désormais coordonnées par l'OTAN. L'Alliance atlantique a déclaré avoir effectué 363 sorties depuis qu'elle a pris le commandement des opérations le 31 mars.

Treize combattants rebelles ont péri vendredi soir dans un raid aérien près de Brega, mais la rébellion, groupée à l'est de la ville, continue de réclamer l'appui aérien de la coalition pour tenter de reprendre cette cité pétrolière faiblement peuplée qui s'étend sur 25 km. Des centaines de "shabab", jeunes combattants mal équipés, ont été vus samedi se repliant plus à l'est, vers Ajdabiah, à 160 km de Benghazi.

Les rebelles tués vendredi ont été enterrés dans une grande tombe collective creusée dans le sable et délimitée par des pierres. A Bruxelles, un responsable de l'OTAN a expliquéque l'Alliance devait vérifier en particulier "s'il y avait des avions de l'OTAN à cet endroit à ce moment-là". La frappe est survenue sur la route entre Brega et Ajdabiya, peu avant ou après une autre attaque aérienne contre un convoi des forces gouvernementales qui a tué sept soldats et détruit une dizaine de véhicules sur la même route.

Pour tenter de gérer les régions qu'ils contrôlent et réorganiser leurs forces disparates et sous-équipées, les rebelles ont formé un comité de crise. Le général Abdel Fattah Younes al Abidi, ancien ministre de l'intérieur du régime de Tripoli, a été nommé chef d'état-major des troupes rebelles, malgré la méfiance qu'il suscite chez les insurgés en raison de sa longue connivence passée avec Kadhafi.

La candidature Hollande réveille les critiques contre les primaires


La déclaration de candidature de François Hollande pour 2012 n'a, pour l'instant, pas recueilli un accueil très chaleureux de la part des ténors socialistes. L'annonce de l'ancien premier secrétaire du parti, jeudi 31 mars, n'est pas une surprise, a souligné Benoît Hamon, vendredi sur RTL. Tout en réfutant un quelconque "embarras" : "Au contraire, les primaires prennent forme", s'est félicité le porte-parole du PS.

Malgré ce message apaisant, les socialistes qui se sont exprimés depuis l'annonce de François Hollande n'ont pas caché une certaine circonspection, comme si cette officialisation réveillait leurs craintes d'une primaire trop disputée, voire nocive pour le futur candidat PS. La hausse de François Hollande dans les enquêtes d'opinion ne facilite effectivement pas les choses pour les partisans de Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.

L'ancienne ministre Elisabeth Guigou craint que "l'annonce interfère" avec la présentation du projet socialiste prévue mardi 5 avril. "J'espère en tout cas que ça ne va pas envahir toutes les discussions, tout l'espace médiatique, et que nous allons pouvoir faire connaître nos propositions", a-t-elle ajouté sur Europe 1.

"J'espère que la différenciation [entre les candidats] ne se fera pas de manière artificielle, par des postures, mais sur des sujets de fond." Cette pique lancée, Elisabeth Guigou a pourtant admis que François Hollande faisait "un travail intéressant sur le fond". Pour autant, elle ne le voit pas faire partie des favoris : "Je pense, au moment où je vous parle, qu'au final la décision se fera entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn", a-t-elle estimé, sans dévoiler sa préférence.

"AUTANT ÊTRE DERRIÈRE CELUI OU CELLE QUI AURA LE PLUS DE CHANCES"

Le député PS Claude Bartolone a, lui, plaidé pour que les candidats les plus sérieux renoncent à s'affronter à la primaire : "J'avais parlé de primaire de confirmation, eh bien je la souhaite plus que jamais", a-t-il lancé, sur Canal+. Comme "il n'y a pas d'écart entre les propositions des uns et des autres (...), autant être tous derrière celui ou celle qui aura le plus de chances." Pour l'élu de Seine-Saint-Denis, pas de doute non plus : les favoris sont Aubry et Strauss-Kahn.

Le député Jean-Louis Bianco, lui, craint que la primaire s'avère nocives pour le parti. Il espère donc que la campagne interne ne s'éternisera pas : "Entre maintenant et le mois d’octobre [date de la primaire], on va avoir une campagne plus ou moins claire, plus ou moins larvée. On a déjà vu les petites phrases qui commencent, en tout cas de la part des entourages, a déploré sur Europe 1 l'ancien directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007. Ce que je souhaiterais au moins, c’est que Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry se déclarent vite. Faisons ce vote le plus tôt possible."

Pour Benoît Hamon, l'essentiel est le projet socialiste, qui sera présenté mardi 5 avril. Les premières versions du texte avaient été critiquées, notamment par les partisans de MM. Strauss-Kahn et Hollande, certains le jugeant trop confus ou trop à gauche économiquement. Mardi, sa présentation devrait mettre en valeur Martine Aubry, la première secrétaire du PS. M. Hamon a répété que cette dernière, "sur le rassemblement de la gauche, a toutes les qualités". Tout en précisant : "Comme porte-parole du PS, il ne me revient pas aujourd'hui de distribuer les bons et les mauvais points."

En Syrie, nouveau premier ministre, nouvelles manifestations à venir


Confronté depuis le 15 mars à un mouvement de protestation sans précédent, le président Bachar Al-Assad a nommé, dimanche 3 avril, le ministre sortant de l'agriculture Adel Safar pour diriger le nouveau gouvernement, alors que des opposants ont appelé à plusieurs journées de protestation contre le régime en place depuis près d'un demi-siècle.
"Le président Assad a promulgué un décret chargeant Adel Safar de former le gouvernement", a annoncé l'agence officielle Sana. Le gouvernement précédent, dirigé par Mohammad Naji Otri depuis 2003, n'a pas survécu à la contestation et a présenté sa démission mardi. Membre du parti Baas et âgé de 58 ans, M. Safar est un spécialiste des questions agricoles. Il a été doyen de la faculté d'agriculture de Damas (1997-2000) avant de devenir ministre en 2003.

Mais cette nomination n'a pas satisfait les contestataires. "La nomination du ministre de l'agriculture comme premier ministre est insensée", affirme un texte publié dimanche sur la page "Révolution syrienne 2011" de Facebook. Quinze jours après le début de la contestation, le discours très attendu du chef de l'Etat, mercredi, les avait déjà déçu : devant les députés, Bachar Al-Assad n'a annoncé aucune mesure de libéralisation, aucune réforme concrète et encore moins, comme espéré, la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963. Il a par contre mis en garde les opposants contre toute forme de sédition.

NOUVEAUX APPELS À MANIFESTER

Peu convaincus par l'arrivée d'un nouveau gouvernement, ces derniers appellent à une nouvelle semaine de mobilisation : une journée de protestation est prévue mardi, une journée de "boycott" mercredi, et des rassemblements jeudi devant les sièges du parti Baas à l'occasion de l'anniversaire de la fondation de ce parti en 1947. Les opposants ont également demandé à leurs partisans de défiler vendredi dans toute la Syrie pour montrer "le mécontentement du peuple". Il s'agira du quatrième vendredi où les Syriens sont appelés à descendre dans la rue pour afficher leur mécontentement face à l'absence de libéralisation du régime.

"La contestation est limitée dans son ampleur mais elle s'enracine", a affirmé à l'AFP un homme d'affaires syrien qui a tenu à garder l'anonymat.L'épicentre de la contestation reste Deraa (100 km au sud de Damas), avec des milliers de manifestants, mais dans les autres villes des centaines de personnes osent aussi braver l'état d'urgence pour défiler. Et si le nombre des manifestants est resté limité, la contestation s'est élargie sur le plan géographique. Vendredi, des manifestations se sont ainsi déroulées pour la première fois dans le nord du pays, à majorité kurde.

Même Al-Watan, quotidien privé proche du pouvoir, a reconnu l'importance du mouvement: "Plusieurs milliers de personnes sont sorties dans la rue sans confrontation, à part ce qui s'est passé à Douma, où selon Sana, des membres de la sécurité et des citoyens ont été victimes des francs-tireurs".

80 PROTESTATAIRES ARRÊTÉS

Selon un militant des droits de l'homme contacté par téléphone, "une foule de milliers de personnes s'est [de nouveau] rassemblée dimanche sur la grande place de Douma [à 15 km au nord de Damas] pour participer aux funérailles de huit de leurs morts tués vendredi". "Il y a eu un accord tacite avec les autorités pour que les forces de sécurité n'interviennent pas durant l'enterrement afin d'éviter des affrontements. La police a libéré à l'aube des dizaines de personnes interpellées mais les habitants réclament la libération de sept qui sont toujours sous les verrous", a-t-il ajouté.

Au total, près de 80 protestataires ont été interpellés depuis vendredi à Damas, Homs, Douma et Deraa. A Damas, il devenait difficile de communiquer: le réseau internet ne fonctionnait pas dimanche matin dans une grande partie de la capitale et les communications par téléphonie mobile étaient quasiment impossibles.

Les jeunes socialistes lancent leur campagne pour la présidentielle


C'est par une virulente attaque contre le Front national que le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a engagé sa campagne pour l'élection présidentielle. Devant quelque 700 militants et quelques responsables du Parti socialiste, dont Martine Aubry, la première secrétaire, tous réunis, samedi 2 avril, dans une salle parisienne surchauffée, la présidente du MJS, Laurianne Deniaud, a fustigé " la respectabilité " dont Marine Le Pen cherche à parer le parti dont elle a pris les rênes, en janvier.

" Je n'ai pas peur de Marine Le Pen et il n'y a pas besoin d'aller chercher son père pour faire tomber les masques ", a déclaré la jeune femme en s'adressant virtuellement à la présidente du FN. " Vous qui débauchez quelques syndicalistes égarés pour repositionner votre marque de la grande bourgeoisie réac sur le terrain social, avez-vous déjà eu le courage un jour, de venir dans une manifestation pour le pouvoir d'achat ? ", a-t-elle tempêté. " Vous êtes finalement comme l'a toujours été votre famille politique. Lâche et menteuse, incapable d'affronter les problèmes du monde. (…) Votre famille politique est celle de la lâcheté et de la trahison dans notre histoire. Madame, pour le moment, vous n'avez fait qu'une chose de votre vie : relooker cette lâcheté et ces mensonges. Finalement, dans l'histoire de la vieille extrême droite française, vous n'êtes sûrement qu'un détail."

300 000 EMPLOIS D'AVENIR

Martine Aubry, qui a pris la parole après la présidente du MJS, a quant à elle donné " rendez-vous " aux jeunes dans " 400 jours ", pour l'élection présidentielle. Elle a promis "une politique qui ne les stigmatise pas, ne les considère pas comme une menace". La première secrétaire du PS a critiqué les inégalités sociales dont souffre la jeunesse, en dénonçant "un monde d'héritiers" où "le bonheur de quelques-uns est indexé sur le malheur de tous les autres". Promettant notamment "300 000 emplois d'avenir dès les deux premières années", elle a repris à son compte la "majeure partie, pour ne pas dire la totalité", des "huit engagements" que le MJS venait de présenter. L'une d'entre elles est une vieille revendication des mouvements de jeunesse de gauche : une allocation d'autonomie.

Parmi les autres mesures défendues par le MJS figurent notamment l'encadrement des loyers, une attestation de contrôle d'identité, une augmentation de 200 euros de tous les salaires compris entre 1000 et 3000 euros ou encore la fusion des universités et des grandes écoles… Martine Aubry a terminé par un appel à la mobilisation. " Nous avons besoin de la jeunesse, car c'est elle qui porte les valeurs qui sont au cœur de notre projet, a-t-elle déclaré. Mobilisez-vous ! Battez-vous contre tous les conservatismes ! "

Le PS défend un projet "bien à gauche" et "moderne" pour 2012


Treize mois avant l'élection présidentielle, le Parti socialiste doit présenter mardi 5 avril son projet de société "pour redresser la France", rendez-vous important pour la première secrétaire Martine Aubry, qui espère convaincre et engranger les fruits de deux ans de travail. Le projet devrait décliner  une trentaine de propositions : éducation, fiscalité, santé, politique industrielle...

Défini par un de ses concepteurs, Guillaume Bachelay, comme "sérieusement de gauche et d'une gauche sérieuse", ce programme prévoit d'encadrer dans des limites de 1 à 20 les salaires dans les entreprises où l'Etat est présent, selon le Journal du dimanche. Dans cette hypothèse, les PDG de Renault, Carlos Ghosn, et d'EDF, Henri Proglio, devraient diviser par deux leurs salaires, écrit l'hebdomadaire.

Dans le domaine fiscal, l'impôt sur le revenu serait fusionné avec la Contribution sociale généralisée (CSG) pour créer un grand impôt progressif prélevé à la source. Les revenus de l'épargne, y compris les stock-options, seraient taxés "comme les revenus du travail", dit le JDD.

Sur le plan nucléaire, le PS préconise d'inverser "le mix énergétique dans les plus brefs délais" en comptant vingt ans. Partagé entre partisans et adversaires de l'atome, il penche cette fois pour l'extinction des centrales, écrit le JDD. Autre proposition du projet : encadrer les loyers dès la première location et lors de la relocation dans les zones en tension, au cœur des villes, en Ile-de-France et sur la Côte d'Azur, notamment.

Parmi les mesures déjà dévoilées, figurent également la création de 300 000 emplois d'avenir financés par le maintien de l'ISF ou la suppression de l'exonération des heures supplémentaires, la mise en place d'une banque publique d'investissement pour aider les PME, un parcours d'autonomie pour les jeunes et l'égalité salariale hommes-femmes en 5 ans.

UN PROJET "BIEN À GAUCHE" ET "MODERNE"

"C'est un projet de société pour la France, une mise en cohérence de ce qu'on a fait depuis deux ans et demi", faisait valoir récemment Martine Aubry à quelques journalistes. Il s'agit également de la synthèse des propositions faites au cours des quatre conventions en 2010 et de plusieurs forums. Le dernier coup de plume sera donné lundi en Conseil politique qui réunit les plus hauts dirigeants du PS, avant le Bureau national (direction) extraordinaire convoqué mardi à 9 heures.

Le texte sera ensuite débattu et adopté samedi en Conseil national (Parlement), voté par les militants le 19 mai et adopté en Convention nationale le 28 mai. "C'est la première fois depuis 1981 qu'autant de temps est consacré par des gens très différents pour préparer le projet présidentiel", relève l'un de ses inspirateurs, le député Christian Paul, en référence aux intellectuels, chercheurs, syndicalistes qui ont renoué avec les socialistes.

"En 2002 et 2007, nous avons perdu par défaut de projet de société inscrit dans un récit national", renchérit le rapporteur du texte Guillaume Bachelay pour qui la "réalité française aujourd'hui est marquée par le déclassement et la hantise de décrocher dans un contexte de mondialisation". Le projet sera "bien à gauche" et "moderne", selon Christian Paul, "clivant" par rapport à la droite, juge le porte-parole Benoît Hamon, une "forme de contre-pied à la politique de Sarkozy", pour Michel Sapin.

UN TEXTE QUI "ENGAGE TOUS LES CANDIDATS"

Il comprend, explique Martine Aubry, trois grands volets : la première partie propose "face au déclin, le redressement de la France, de son poids et sa voix dans le monde". La deuxième s'adresse aux Français : "face au sentiment de déclassement et d'absence d'avenir, construire une société juste et une société du respect et du lien social". La troisième partie aborde notamment la question des institutions et de la justice et explore les pistes de la démocratie participative : "notre pays étouffe. Le couvercle a été totalement refermé sur la démocratie", assure Martine Aubry.

Le projet devrait recueillir une large adhésion, selon la direction qui se targue d'avoir associé toutes les sensibilités du parti. Pour Benoît Hamon, le texte, "à l'évidence, engage tous les candidats" qui concourront à la primaire. Son adoption constitue également pour Martine Aubry une étape importante depuis sa prise du en 2008 et avant la primaire présidentielle. Une adhésion large la confortera après le succès du PS aux cantonales. Reste à savoir s'il convaincra les Français, jusqu'alors peu réceptifs, selon les sondages, à l'offre alternative représentée par le PS.

Les soldats français prennent le contrôle de l'aéroport d'Abidjan


Les forces françaises de l'opération Licorne en coordination avec l'Onuci (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) ont pris dimanche 3 avril le contrôle de l'aéroport international d'Abidjan, alors que la bataille entre les camps Gbagbo et Ouattara s'enlise dimanche dans la capitale ivoirienne.

Paris a annoncé que l'effectif de la force Licorne était désormais porté à environ 1 400 hommes, avec l'envoi en renfort de deux compagnies supplémentaires, soit près de 300 hommes. Plus de 1 650 étrangers, dont la moitié de Français, sont regroupés dans le camp militaire français de Port-Bouët sous la protection de cette force, selon l'armée française. Une réunion doit se tenir dans l'après-midi à l'Elysée autour de Nicolas Sarkozy sur la situation.
L'assaut final contre le palais et la résidence présidentielle n'a toujours pas eu lieu. Seuls quelques tirs sporadiques d'armes lourdes ont été entendus depuis samedi soir, notamment au Plateau, cœur du pouvoir, abritant le palais. Isolé diplomatiquement, asphyxié économiquement, plus faible que jamais militairement, Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, tient, malgré les coups.

 GUERRE PSYCHOLOGIQUE

Replié sur les symboles du pouvoir – palais, résidence, télévision d'Etat RTI –, il a très vite démontré qu'il n'entendait pas abdiquer ni prendre le chemin de l'exil. Samedi soir, la RTI a diffusé des images le montrant souriant et discutant avec des proches. Toute la journée, la chaîne avait diffusé des appels à la mobilisation, les militaires devant regagner des points de ralliement, les civils former un "bouclier humain" autour de la résidence du président sortant.
En soirée, la RTI a montré plusieurs centaines de personnes, dont des femmes et des jeunes, rassemblées apparemment vers la résidence présidentielle, qui scandaient : "respectez le pouvoir de Gbagbo". "Nous sommes en train de faire à cette agression barbare, nous sommes en train de les repousser", assurait devant les caméras Alain Dogou, son ministre de la défense. "La bataille est difficile mais nous sommes convaincus que nous allons vaincre".
Mais si le camp Gbagbo livre une intense guerre psychologique via la RTI, le rapport de forces est toujours à l'avantage des troupes d'Alassane Ouattara, dont la marche sur Abidjan est toutefois ternie par de graves accusations sur des massacres de civils. Le camp Ouattara a vivement contesté ces "allégations", affirmant que tous les tués étaient des "miliciens", donc des combattants armés, et non des "civils".

 CLINTON APPELLE GBAGBO À PARTIR

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a ainsi demandé à ses combattants de "respecter les lois de la guerre et de cesser les attaques contre les populations civiles". Pour elle, "les forces du président Ouattara doivent se montrer à la hauteur des idéaux et de la vision exprimés par leur chef élu".

Elle a en revanche appelé le président ivoirien sortant à "se retirer immédiatement", estimant que son maintien conduisait le pays à "l'anarchie".

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