mercredi 23 mars 2011

Renault : Pékin met en garde contre les "accusations vicieuses" d'espionnage

Le siège social de Renault à Boulogne-Billancourt, le 11 janvier 2011.

Le ministère du commerce chinois a lancé un appel à la vigilance, mardi 22 mars, contre les "accusations vicieuses" contre la Chine pour vol de technologies de compagnies étrangères, après que ce pays a été mis en cause dans le dossier d'espionnage chez le groupe français Renault. "Nous devrions être vigilants face à la discrimination contre les compagnies chinoises", a déclaré le porte-parole du ministère, Yao Jian, "en particulier les discriminations vicieuses qui font de la Chine un pays qui vole la technologie ou les produits d'autres pays".
En début d'année, se disant victime d'espionnage industriel touchant ses batteries pour voitures électriques, le constructeur automobile français avait évoqué "une filière organisée internationale", et des informations de presse avaient affirmé que la Chine était le bénéficiaire de cet espionnage. Pékin avait alors réagi en qualifiant ces accusations de "totalement sans fondement, irresponsables et inacceptables". La semaine dernière, le ministère des affaires étrangères chinois avait sobrement indiqué "prendre note de la clarification", alors que Renault avait innocenté ses cadres incriminés et que la piste d'espionnage au profit de la Chine se révélait sans fondement.
La Chine a été en 2010 le quatrième pays au monde pour le nombre de brevets enregistrés, après les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne, a dit le porte-parole du ministère du commerce, pour qui "la Chine progresse vite". "Alors, en ce qui concerne la question de Renault, [je me demande s']il ne devrait pas y avoir moins de dénigrement vicieux et d'inimitié, et si les gens ne devraient pas reconnaître les avancées de la Chine, en particulier en matière de brevet." "Il y aura de plus en plus de frictions et de conflits commerciaux alors que les activités de la Chine à l'étranger seront de plus en plus compliquées pour inclure non seulement le commerce, mais aussi les investissements et la coopération technologique", a prédit le porte-parole, lors d'une conférence de presse. "La Chine respectera encore davantage les droits de propriété intellectuelle et se conformera aux règles dans les pays d'accueil de ses investissements", a conclu le porte-parole du ministère du commerce.

L'industrie japonaise perturbée par la catastrophe du 11 mars


La Banque mondiale, citant des estimations privées, a déclaré, lundi, que le coût de la catastrophe atteindrait de 122 à 235 milliards de dollars (86 à 166 milliards d'euros) , soit 2,5 à 4 points du produit intérieur brut (PIB). Le Wall Street Journal, citant l'entreprise Risk Management Solutions, estime que le séisme et le tsunami  pourraient engendrer une perte comprise entre 200 et 300 milliards de dollars (140 à 210 milliards d'euros) pour l'économie japonaise. Citigroup évalue entre 5 000 et 10 000 milliards de yens (entre 43 et 87 milliards d'euros) les dommages causés aux infrastructures et aux constructions. Barclays Capital évalue les pertes économiques à 15 000 milliards de yens (130 milliards d'euros), soit 3 % du PIB du Japon.
PÉNURIES
Sony a déclaré mardi que la pénurie de pièces et de matériaux pourrait le contraindre à réduire ou suspendre la production dans cinq usines supplémentaires au Japon après la catastrophe du 11 mars. Ces usines, principalement situées au centre et au sud du Japon, fabriquent toutes sortes de produits, allant des appareils photo et caméras numériques aux téléviseurs et aux microphones, a précisé le groupe dans un communiqué. La production dans ces usines sera réduite ou temporairement arrêtée entre le 22 et le 31 mars, a indiqué Sony. Une sixième usine à Chiba, au nord de Tokyo, était sur le point de reprendre la production mardi, mais elle pourrait de nouveau s'interrompre en raison des pannes d'électricité qui affectent certaines régions alimentées par Tepco.
Six usines de Sony dans le nord du Japon ont déjà stoppé leur production depuis la catastrophe, et le géant de l'électronique grand public a souligné qu'il inspectait et réparait les bâtiments et les machines afin de reprendre la production sur ces sites. "Si la pénurie de pièces et de matériaux dans ces usines continue, nous envisagerons les mesures nécessaires, y compris un transfert temporaire de la production à l'étranger", a dit Sony. La production continuait normalement dans les autres usines, mais le groupe a souligné qu'il restait attentif à la chaîne d'approvisionnement. Chez Nikon, Canon et d'autres spécialistes de l'image numérique, certaines usines ont été endommagées et la fabrication interrompue.
Toyota a annoncé, mardi, avoir prolongé jusqu'au 26 mars la fermeture de ses usines d'assemblage au Japon, à l'arrêt depuis le 14 mars. De son côté, Honda a dit avoir prolongé la fermeture de ses usines jusqu'au 27 mars en raison des difficultés éprouvées à garantir la livraison de composants d'automobiles en provenance de certains fournisseurs. Toyota a précisé que les jours de fermeture de ses usines au Japon entre le 14 et le 26 mars se traduiront par une diminution de la production d'environ 140 000 unités. Le premier constructeur automobile mondial a ajouté qu'il n'avait pas encore décidé s'il redémarrerait la production après le 26 mars.
DES RETOMBÉES EN DEHORS DU JAPON
Une ligne de production est immobilisée à l'usine de General Motors à Buffalo (Etat de New York) car elle fabrique des moteurs pour une usine du sud des Etats-Unis où la production a été arrêtée par manque de pièces détachées en provenance du Japon. GM a suspendu le travail cette semaine dans l'usine de Shreveport, en Louisiane, où sont produits des camions pick-up, "en raison d'une pénurie de pièces résultant de la crise au Japon". Deux usines européennes devraient également être à l'arrêt brièvement cette semaine. Selon le Wall Street Journal (abonnement), il s'agit d'un site à Saragosse, en Espagne, qui devrait être fermé lundi, tandis qu'à Eisenach, en Allemagne, deux équipes seront supprimées lundi et mardi. GM Korea, ex-GM Daewoo, va réduire ses horaires à partir de lundi dans les usines de Bupyeong et de Gunsan.
La compagnie aérienne Delta Airlines a estimé dans une présentation remise aux autorités boursières américaines (SEC) mardi que le séisme pourrait lui coûter entre 250 et 400 millions de dollars. Elle ajoute qu'elle compte réduire ses capacités de 15 à 20 % dans l'archipel nippon jusqu'à mai pour refléter "une probable baisse de la demande de court terme", dans cette présentation destinée à la conférence "Aviation, transport et défense" de la banque JPMorgan. La deuxième compagnie américaine a notamment suspendu son service vers l'aéroport international de Tokyo Haneda, précise-t-elle dans ce document.
DES BAISSES DE PRODUCTION JUSQU'EN FRANCE
PSA a annoncé lundi que l'arrêt de la production chez un fournisseur japonais touché par le séisme provoquerait une baisse de son activité dans les moteurs diesel à partir de mercredi, et entraînerait probablement des mesures de chômage technique en Europe. Le japonais Hitachi, qui fournit des composants électroniques pour les moteurs diesel de PSA, devrait reprendre la production dans une semaine, après avoir été affecté par le séisme du 11 mars, indique le constructeur automobile français dans un communiqué. "La baisse de production sera de 0 à 60 % selon les sites", a précisé un porte-parole de PSA. Il a ajouté qu'il y aurait probablement des mesures de chômage technique. Les comités d'établissement des usines concernées seront réunis à partir de mardi.
Par ailleurs, le développement à l'international des enseignes françaises du textile sera affecté par les catastrophes survenues au Japon, a prévenu mardi l'Institut français de la mode (IFM) dans sa lettre économique mensuelle. Si le Japon ne représente "que 3 % des exportations françaises d'habillement", l'Archipel "occupe néanmoins une place centrale dans la stratégie de développement international des entreprises françaises", souligne dans cette lettre Gildas Minvielle, responsable de l'observatoire économique à l'IFM. "Sur les 340 chaînes spécialisées françaises, une cinquantaine" sont présentes au Japon.

"Water Makes Money" : le business de la gestion de l'eau en accusation

Les puissants groupes Veolia et Suez se sont vus déléguer, à 80 %, la gestion de l'approvisionnement en eau dans l'Hexagone. Résultat : le consommateur se retrouve soumis à des intérêts privés. 
La gestion de l'eau fait l'objet d'un business aux enjeux financiers colossaux. Le documentaire Water Makes Money, réalisé par Leslie Franke et Herdolor Lorenz, programmé sur Arte mardi 22 mars, à 20h40, dans une soirée "Thema" intitulée "Marchands d'eau" (et qui sort en salles mercredi), nous emmène au cœur des manœuvres des multinationales contrôlant cette filière.
Les puissants groupes Veolia et Suez se sont vus déléguer, à 80 %, la gestion de l'approvisionnement en eau dans l'Hexagone. Résultat : le consommateur se retrouve soumis à des intérêts privés, qui ne concernent ni sa santé ni l'avenir de la planète.
Le film démontre comment les grandes compagnies ont impunément haussé le tarif de l'eau potable. Il a fallu l'acharnement d'un expert-comptable pour mettre au jour les combines qui ont amené les habitants de certaines communes, notamment Bordeaux, à payer leur eau de 30 % à 40 % plus cher qu'ailleurs. Des bénéfices qui ne sont que rarement réinvestis dans l'entretien ou l'assainissement.
Leslie Franke et Herdolor Lorenz ont notamment rencontré un dissident de Veolia, Jean-Luc Touly. Ce syndicaliste, congédié puis réintégré par son entreprise, est l'auteur de livres brûlants, qui lui ont valu une flopée de procès. Le film étaye ses affirmations : les pratiques de pots-de-vin pour obtenir les marchés, les accointances coupables avec la sphère publique…
Ce film dérangeant a été financé pour moitié par des contributions privées, récoltées grâce à une souscription lancée sur Internet. Aujourd'hui, il fait l'objet d'une attaque en diffamation par Veolia.

Alstom annonce 1 380 suppressions de poste en Europe

Un poste sur trois sera supprimé en Allemagne, un sur deux en Espagne. 
Le groupe Alstom a annoncé mardi 22 mars dans un communiqué qu'il envisageait de supprimer 1 380 postes au sein de sa division transport en Allemagne, en Italie et en Espagne. "La direction générale d'Alstom a présenté le 22 mars à son comité de groupe européen (European Works Forum) un projet de plan d'adaptation de certains sites industriels de son secteur transport en Allemagne, en Italie et en Espagne", indique le groupe français dans un communiqué. "Ce plan est destiné à répondre à la baisse du marché dans ces pays et à sauvegarder la compétitivité de la base industrielle du secteur", a-t-il justifié.
L'Allemagne sera le pays le plus touché avec 700 suppressions de poste à l'usine de Salzgitter (nord-ouest) qui permettront de "résoudre le handicap récurrent de compétitivité du site et de l'adapter à son futur plan de charge". Pour l'heure, Alstom Transport emploie 2 090 personnes en Allemagne sur un seul site, selon une porte-parole. "Le plan de charge de l'usine de Barcelone, en Espagne, et celui de plusieurs des sites italiens d'Alstom Transport sont également impactés par le faible niveau des commandes passées par les opérateurs nationaux", a souligné Alstom.

UN POSTE SUR DEUX À BARCELONE
Le plan prévoit la suppression de 400 postes à l'usine de Barcelone. Seul site d'Alstom Transport en Espagne, cette usine emploie 800 personnes, a précisé une porte-parole.
En Italie, 280 postes sont sur la sellette, chiffre qui inclut l'arrêt de l'activité du site de Colleferro (province de Rome) où la suppression de 145 postes a été annoncée le 25 février dernier à l'EWF. Les sites de Savigliano (nord-ouest), Bologne (nord-est) et Guidonia (près de Rome) devraient également être affectés, a indiqué une porte-parole, précisant qu'Alstom Transport emploie actuellement 2 600 personnes dans ses huit sites italiens.
"Les réductions envisagées portent donc sur 1 380 postes, auxquels s'ajoutera le non-renouvellement de contrats temporaires dans les unités concernées", a poursuivi Alstom. Le groupe a précisé que "l'entreprise et les partenaires sociaux ont mis au point un processus d'information et de consultation, tant au niveau européen qu'au niveau des sites concernés. L'entreprise s'attachera à réduire dans toute la mesure du possible l'impact de ces mesures sur le personnel concerné".

Prix de l'électricité : EDF voudrait des hausses de plus de 5 % par an sur cinq ans

Selon Les Echos, EDF, contrôlée par l'Etat, voudrait que les pouvoirs publics décident d'augmentations annuelles du prix de l'électricité comprises entre 5,1 % et 6,5 % jusqu'en 2015, inflation comprise. Le quotidien, qui ne précise pas ses sources, relève que cela déboucherait sur une hausse totale d'environ 30 % en cinq ans, et marquerait une nette rupture avec les précédentes hausses décidées par l'Etat, oscillant depuis 2007 entre 1 et 3 %.
EDF a démenti, mercredi 23 mars, par la voix d'un porte-parole, avoir fait une demande formelle au gouvernement d'augmentation des tarifs de l'électricité sur cinq ans.
La facture d'électricité des Français, qui est une des plus basses d'Europe, a augmenté de 3 % le 15 août 2010 et à nouveau de 3 % au 1er janvier 2011. De nouvelles hausses de prix ont d'ores et déjà été annoncées pour assurer le développement des énergies renouvelables, en particulier de l'énergie solaire, financées par une taxe sur l'électricité (la contribution au service public de l'électricité).
LE COÛT DE LA MODERNISATION POUR EDF
Le ministre de l'industrie, Eric Besson, a déclaré en février que l'augmentation des prix de l'électricité était "inéluctable" en France afin de financer les investissements dans le parc nucléaire et le développement des énergies renouvelables.
EDF est notamment confrontée au vieillissement de son parc de centrales, âgées de vingt-cinq ans en moyenne, alors que la durée d'exploitation des réacteurs doit être prolongée au-delà de quarante ans. Le coût de la modernisation est chiffré par EDF à plus de 30 milliards d'euros pour dix ans d'exploitation supplémentaires. Le groupe doit aussi moderniser un réseau de distribution vétuste. Entre 2008 et 2009, les investissements d'EDF dans l'Hexagone sont passés de 5,2 à 7,2 milliards d'euros, pour atteindre 8 milliards d'euros en 2010.

Portugal : le premier ministre, José Socrates, sur la sellette

 José Socrates, le premier ministre du Portugal, le 18 mars 2011 à Lisbonne.
Le principal parti d'opposition portugais a annoncé qu'il présenterait, mercredi 23 mars, un projet de résolution contre le nouveau plan d'austérité du gouvernement socialiste, appelant à une "clarification politique" permettant un "gouvernement de majorité élargie".
José Socrates, le chef du gouvernement socialiste, a déjà menacé de démissionner en cas de rejet "explicite" de son plan d'économies et de réformes, annoncé voilà dix jours.
Le premier ministre lutte notamment contre une éventuelle intervention de l'Europe. Soulignant que son programme avait déjà été salué par la Commission européenne et la Banque centrale européenne, lors du dernier sommet européen du 11 mars, M. Socrates a mis en garde contre le risque d'une crise politique qui, selon lui, "ouvrirait la porte au Fonds monétaire international" au moment où le Portugal fait face à de graves difficultés de financement extérieur. A la tête d'un gouvernement minoritaire, le premier ministre ne peut compter que sur l'appui des 97 députés socialistes, sur les 230 élus que compte le Parlement.
DES ÉLECTIONS ANTICIPÉES EN LIGNE DE MIRE
L'opposition, elle, s'oppose au programme du gouvernement et suggère d'accepter le plan d'aide. En cas d'élections anticipées, le PSD est donné en tête des sondages  sans toutefois obtenir de majorité absolue. "Seul un changement de gouvernement et de politique est en mesure de restaurer la crédibilité et la confiance qui ont été mises en cause", a estimé le leader parlementaire du PSD, soulignant que "le programme de stabilité et de croissance est mauvais".
La décision du PSD, principale force d'opposition, risque fort de sceller le sort de José Socrates : présentée "au nom de l'intérêt national", la résolution du PSD est conçue pour "contribuer au rejet du programme d'austérité et à une clarification politique", a annoncé dans une déclaration à la presse le chef du groupe PSD au Parlement, Miguel Macedo. "C'est la seule façon pour que le pays puisse à l'avenir compter sur un gouvernement de majorité élargie", a-t-il ajouté, alors que les autres partis d'opposition, de droite comme de gauche, ont déjà annoncé qu'ils présenteraient eux aussi une résolution contre le nouveau programme d'austérité du premier ministre.

Twitter fête ses cinq ans de "gazouillis"

Twitter fête ses cinq ans de "gazouillis"
Le service de microblogging célèbre aujourd’hui son cinquième anniversaire depuis que le co-fondateur de Twitter, Jack Dorsey, a publié son premier "gazouilli" le 21 mars 2006. Retour sur les messages marquants de cette épopée. 
Le tout premier


C’est à 13 heures, le 21 mars 2006, que Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter, poste le message "accueille mes collègues". C’est le premier tweet de ce service pensé au départ comme un moyen de partager en peu de mots des tranches de vie.
Cinq ans plus tard, le succès de Twitter a largement dépassé les espérances de ces fondateurs : en moyenne, 140 millions de tweets ont été postés quotidiennement en février dernier et environ 460 000 nouveaux comptes ont été ouverts au cours du même mois.
Le séisme au Sichuan


Ce sont trois minutes qui sont rentrées dans l’histoire de Twitter. Ce n’est pas le Centre d’observation américain des séismes (USGS) qui a le premier informé le monde du tremblement de terre dans la région du Sichuan en Chine en 2008 (plus de 70 000 morts), mais Twitter… à trois minutes près. Pour la première fois, le site de microblogging s’illustre comme la source la plus réactive d’informations. De plus en plus, les internautes et les grands médias se tournent vers Twitter pour trouver des informations lors des catastrophes naturelles. Pour les journalistes, la tendance se confirme lors des tremblements de terre en Haïti le 12 janvier 2010 ou, plus récemment, lors du séisme et du tsunami du 11 mars 2011 au Japon.
La caution d'Obama


Le 5 novembre 2008, Barack Obama donne ses lettres de noblesse à Twitter au lendemain de son élection. Avec son message "nous venons de rentrer dans l’Histoire", le tout nouveau président des États-Unis démontre que le service de microblogging peut être utilisé par les grands de ce monde. Dès lors, les principaux dirigeants se convertissent aux délices des 140 caractères. Le président français, Nicolas Sarkozy, se met également à Twitter en octobre 2009.
Attentats de Bombay


Le 26 novembre 2008, des attaques terroristes frappent la capitale de l'État indien du Maharashtra. L’épisode sanglant – qui a fait plus de 100 morts – révèle autant l’utilité que le côté obscur du service de microblogging. Des comptes spécifiques pour relayer les informations sont mis en place sur Twitter et des photos, reprises ensuite par les grands journaux, sont d’abord postées sur ce réseau social. Mais le monde se rend alors aussi compte qu’il est difficile, voire impossible de vérifier la véracité de certaines rumeurs diffusées sur Twitter. Ashton Kutcher plus fort que CNN



Le 12 avril 2009, le comédien Ashton Kutcher s’exclame "La victoire est à nous" sur son fil Twitter. Il devient le premier utilisateur à dépasser le million de personnes qui suivent ses mises à jour. Une course officieuse entre Ashton Kutcher et CNN s’était installée pour savoir qui allait franchir en premier cette barre symbolique.
Victoire de la pipolisation du service de microblogging ? Depuis lors la plupart des artistes, comédiens possèdent un compte twitter. La puissance médiatique de ce réseau social a même permis à l'acteur de "Mon oncle Charlie", Charlie Sheen, de faire un come back médiatique très remarqué : en 25 heures, son compte twitter a dépassé, le 3 mars, le million de "followers", un record absolu. La "vague verte" numérique


En juin 2009, la "vague verte" de la contestation en Iran envahit Twitter. Le service de microblogging devient alors une arme au service des manifestants qui dénoncent des fraudes permettant ainsi à Mahmoud Ahmadinejad de se faire réélire président.
Twitter devient alors pour une fraction de la population la manière privilégiée de faire passer son message au monde alors que le pouvoir iranien contrôle de très près les autres moyens de communication. Téhéran décide alors de couper l’accès à Twitter pour les internautes iraniens. Une censure rapidement contournée par les citoyens.
Premier tweet de l’espace


L’astronaute de la Nasa T.J. Creamer devient, le 22 janvier 2010, le premier homme à envoyer un tweet de l’espace. "Bonjour l’univers, nous sommes maintenant en direct de la station spatiale internationale", écrit-il sur son fils twitter.
Une prouesse technologique qui marque une étape avant tout symbolique. Dorénavant le monde ne suffit plus à Twitter et à ses utilisateurs. Il faut dire que fin 2010, 25 milliards de "gazouillis" ont été envoyés depuis la Terre... #25jan


Le 11 février 2011, le président égyptien Hosni Moubarak démissionne sous la pression de la rue. Un mois auparavant, le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali avait connu le même sort. Dans les deux cas, les réseaux sociaux – twitter en tête – auront joué un rôle important dans la chute de ces deux régimes. Les "tweets" ayant trait à la révolution égyptienne vont même se retrouver dans un livre prochainement.
Outil pour organiser les manifestations, pour relayer l’information : on commence alors à parler de "révolution Facebook" ou "révolution Twitter". Si pour certains, l’importance des réseaux sociaux dans ces mouvements est surévalué, c’est en tout cas la première fois qu’il se trouve au cœur de révoltes qui ont permis d’écarter des dictateurs du pouvoir.

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