Vainqueur sortant, Fabian Cancellara est de nouveau le grandissime favori du Tour des Flandres dimanche, tant sa propre domination et l'abnégation de ses équipiers sont de nature à écraser la course.
Les Belges Philippe Gilbert et Tom Boonen rêvent cependant de s'imposer, mais se savent dans une posture délicate.
"Si le scénario se répète, avait lâché Philippe Gilbert à l'arrivée du Grand Prix E3 il y a une semaine, on va courir pour la deuxième place !"
Une nouvelle fois, en effet, la démonstration de Cancellara dans les monts flandriens avait été époustouflante, le Suisse reléguant à une minute une dizaine de coureurs qui, pourtant, ne s'étaient pas amusés en route.
Le Suisse sera donc le favori d'une classique qui semble devoir se disputer sous la pluie.
Puisque le combat paraît inégal, seule une conjonction d'éléments pourrait mettre en difficulté le Suisse et ses équipiers, capables de contrôler la course depuis le départ jusqu'à l'enchaînement décisif de trois difficultés, le Vieux Quarémont, le Paterberg et le Koppenberg.
"Oui, confirme Marc Sergeant, manager de l'équipe Omega Pharma-Lotto, il semble difficile de battre Fabian Cancellara mais le Tour des Flandres est une course où tout n'est pas prévisible. La météo peut y tenir un rôle important et personne n'est à l'abri d'un ennui mécanique ou d'un incident de course."
"Battre Cancellara serait un exploit", confirme l'Autrichien Bernhard Eisel, vainqueur de Gand-Wevelgem en 2010.
Cancellara polarisera donc l'attention dimanche mais plutôt que de le stresser les regards portés sur lui le galvanisent.
LA RUMEUR DU MOTEUR
Le Suisse aime être dans la lumière. Il l'avait été il y a un an en enchaînant deux victoires dans le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, avant qu'une rumeur ne ternisse son aura et ne remette en cause les conditions de ses succès.
L'information, émanant d'un fabricant italien, laissait supposer que le Suisse avait, dans ces deux courses, utilisé un moteur facilitant son pédalage. Une rumeur prise au sérieux par l'Union cycliste internationale (UCI) au point de décider de scanner les vélos des principaux protagonistes du Tour de France. Initiative qui ne fut pas renouvelée depuis.
Cancellara a admis, au cours de l'hiver, avoir été blessé par ces insinuations et y avoir trouvé finalement une nouvelle source d'inspiration et de motivation.
Il a remporté le Grand Prix E3, samedi, regrettant de ne pas y avoir retrouvé son grand rival Tom Boonen.
Le Flamand sera bien présent dimanche au départ de Bruges, auréolé de son récent succès dans Gand-Wevelgem, avec l'étiquette d'un ancien vainqueur capable de récidiver. Mais il sait, pour autant, que sa marge de manoeuvre est réduite.
De plus, son équipe a perdu jeudi dans le contre-la-montre des Trois Jours de La Panne un élément essentiel, Niki Terpstra. Sylvain Chavanel et Gert Steegmans seront donc ses seuls lieutenants dans une course que toutes les équipes devront durcir. Et prendre le risque de tout perdre pour gagner.
S'il pleut, dit Marc Madiot, le directeur sportif de la FDJ, "la course sera dure et l'écrémage se fera loin de l'arrivée. L'isolement de Cancellara peut être le moyen de le battre."
"S'il fait beau, il faudra attendre la fin de course avec un scénario que lui-même doit espérer, à savoir faire la différence dans le Mur de Grammont."
16:04
admin

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