Avec seulement 350.000 habitants qui ont accès à internet depuis leur domicile ou leur travail, la Libye est beaucoup moins connectée à la toile que ses voisins égyptiens, et surtout tunisiens. Ce qui n'a pas empêché l'insurrection de s'organiser sur la toile, pendant que Kadhafi et son fils, Seif al-Islam, mutlipliaient les interventions sur les télés serbes, turques, américaines.
De multiples sites et comptes Twitter se sont créés, beaucoup en anglais. Certains sont basés en Libye, d'autres sont alimentés depuis l'étranger, souvent par des Libyens expatriés.
Voici quelques repères. Recommandations avant de commencer la navigation: ne pas avoir (trop) peur de l'anglais, prendre les dires avec précaution, et savoir que «graphic video» désigne une vidéo au contenu très dur, sanglant.
«Libya Alhurra», la télé endeuillée des insurgés
Sur Twitter: @LibyaAlHurraTV
Ce streaming, agrémenté d'un tchat, est tenu par «une équipe de modérateurs issus de la diaspora libyenne partout dans le monde», écrit Streetpress.com, qui a fait appel à eux plusieurs fois. Leurs contacts sur place en Libye (...) assurent le rôle de correspondants.
Le fondateur de cette web-télé Mohammed Nabbous, citoyen-reporter de terrain, a été abattu le 19 mars à Benghazi, lors des affrontements entre pro et anti-Kadhafi. Lire sur Streetpress.com.
Après l'annonce de sa mort, les hommages se sont multipliés. Voir celui de CNN:
Source: Youtube/CNNinternational
Il existe aussi une radio Alhurra, qui émet depuis Benghazi. Lire/écouter ce reportage sur l'Atelier des médias, web-émission participative de RFI.
@feb17voices, les twitts depuis la Californie
C'est un Californien de 28 ans, John Scott-Railton, qui a lancé et anime ce fil Twitter. Des Libyens expatriés ou réfugiés aux Etats-Unis l'aident. Leurs sources: «une centaine» de Libyens, joints par téléphone ou par tous les moyens audio qu'offrent internet.
La difficulté, c'est que «la possibilité de joindre les gens est très fluctuante. En ce moment par exemple, on arrive à joindre les gens à Benghazi, grâce à internet ou des téléphones satellitaires. Mais c'est très difficile à Misrata.»
La petite équipe de @feb17voices enregistre les témoignages ou les retranscrit en notes sur Twitter. Ce sont des LPC, «live phone call» dans le jargon. S'y ajoutent des infos pêchées sur les sites d'information traditionnels.
-> Exemple de LPC, le 23 mars:
Leur audience: «Beaucoup de journalistes, des Libyens de l'étranger, des formations politiques, des leaders», détaille ce doctorant en urbanisme, qui dit «chercher à construire une information fiable sur Twitter». «Je n'ai aucune formation de journaliste, mais je ne poste que des informations fiables», défend-il.
John Scott-Railton avait déjà «couvert» ainsi le soulèvement égyptien. C'est d'ailleurs la coupure des téléphones et d'internet dans ce pays, aux premiers jours de la révolution, qui l'a incité à recourir à ses contacts et amis sur place pour faire sortir du pays informations et témoignages.
Les live-blogging du 17 février
Une même date pour référence, le 17 février (jour où a débuté le soulèvement), et deux live-blogging: feb17.info et libyafeb17.com piochent dans les informations des agences de presse et des médias internationaux. S'y ajoutent quelques témoignages. Ces deux sites ont été hackés simultanément le 23 mars.
-> Ils sont également présents sur Twitter:
Libyafeb17.com se présente comme «une toute petite équipe, qui travaille constamment pour que le monde garde des nouvelles de ce qui se passe en Libye.»
Contactés par Liberation.fr, ils détaillent: «Nous sommes une équipe de deux personnes, des Libyens basés au Royaume-Uni, membres d'aucun groupe, d'aucun mouvement. Nous sommes notamment en contact avec quelqu'un qui nous aide à nous coordonner avec le bureau des médias de l'insurrection à Misrata [qui possède un compte Youtube, ndlr].»
Sur Twitter
Outre la liste de comptes sélectionnés par Libé.fr, il y a aussi celle concoctée par le ministère des Affaires étrangères britannique.
Avec les hashtags #Libya ou #feb17 (en référence à la date à laquelle a commencé le soulèvement), on a aussi une bonne idée de ce qui se dit sur le site de microblogging.
Parmi les sources les plus actives:
@ShababLibya (plus de 30.000 abonnés) est un fil animé par «un groupe de jeunes libyens dans et en dehors de Libye». «Nous n'appartenons à aucun parti politique ni factions, ne le voulons pas (...). Nous sommes ici pour réveiller notre peuple de l'injuste oppression qu'il subit», proclament-ils sur leur page Facebook.
@iyad_elbaghdadi (plus de 7000 abonnés) suit de très près les événements en Libye et rapporte des informations fiables. Ce résident dubaïote et «islamique libertaire», ainsi qu'il se décrit, raconte sa méthode à Libé.fr: «Au tout début du conflit, j'ai constitué un réseau de twitteurs soit habitant la Libye, soit y ayant de la famille. Petit à petit, je suis entré en contact direct avec un certain nombre d'entre eux.»
Résidant à Dubaï lui aussi, Sultan Al Qassemi suit également de près la situation et peut être considéré comme une source très fiable. Il écrit régulièrement des tribunes, publiées dans le quotidien émirati The National et dans le Guardian.
@TrablesVoice (initialement @AliTweel), était une source prolixe sur Twitter... jusqu'au 3 mars. Depuis cette date, ce Tripolitain, «combattant pour la liberté», n'a rien posté sur son fil. Les inquiétudes s'expriment sur Twitter, mais personne n'a pudire ce qu'il était devenu.
Les initiatives sont pléthoriques: @NewsInLibya, @ChangeInLibya, @Libya_United, @LibyaNewMedia, @Libyan4life, @IbnOmar2005, @libya2p0.
Journalistes twitteurs
On peut citer Rob Crilly, pour le Telegraph (il tient également un blog), Nic Robertson, correspondant international de CNN, ou encore Alexander Marquadt, reporter d'ABC News, qui poste aussi pas mal de photos.
Les sources officielles
Côté insurgés, le site du Conseil intérimaire national de transition, sur le fronton duquel est affiché la devise de la «République libyenne»: «Liberté, justice, démocratie». On y trouve une présentation du CNT et de ses principes, un agrégat de vidéos de groupes qui déclarent leur allégeance à la révolution, ou encore les communiqués de presse.
Le CNT est aussi sur Twitter, depuis le 6 mars. Leur premier twitt:
Côté pro-Kadhafi, on peut consulter en ligne, en anglais ou en français, mais dans une version qui n'a pas grand-chose à voir, le site du service audiovisuel d'Etat: la LJBC, pour Libya Jamahiriya Broadcasting Corporation. A lire notamment, le compte-rendu du discours du colonel, mardi.
17:50
admin
0 التعليقات:
Enregistrer un commentaire