Les forces de Mouammar Kadhafi ont pilonné dimanche 3 avril la ville de Misrata, à 200 km à l'est de Tripoli, alors que les combats se poursuivent dans l'Est pour le contrôle de Brega.
Un médecin de Misrata a déclaré par téléphone à Reuters que 160 personnes, des civils pour la plupart, avaient été tuées au cours de la semaine écoulée. Encerclés par les forces adverses, les insurgés affirment contrôler toujours le port de la ville, mais les troupes gouvernementales sont déjà parvenues jusqu'au centre. Un insurgé de Benghazi se disant en contact régulier avec un habitant de Misrata a déclaré que la ville manquait de vivres.
D'après la chaîne Al-Arabiya citant un témoin, les forces gouvernementales ont également bombardé la petite ville de Yefren, dans une région montagneuse à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli, faisant deux morts. Au sud-ouest de Tripoli, des habitants de Ketla ont également annoncé que la ville avait été visée vendredi et samedi par des dizaines de roquettes Grad des forces loyales au colonel Kadhafi, qui ont fait plus d'une trentaine de morts.
Dans l'Est, les troupes loyalistes ont bloqué une nouvelle tentative des rebelles de progresser sur la route du golfe de Syrte, mais les insurgés disent réorganiser leurs forces. "Nous avons formé notre première brigade, entièrement composée de militaires ayant fait défection ou à la retraite", a déclaré l'ancien commandant de l'armée de l'air Djalid al Libie à Benghazi. "Avant la fin de la semaine, vous verrez un autre type de combat qui fera pencher la balance", a-t-il ajouté.
INCERTITUDES À BREGA
Une unité rebelle bien organisée tiendrait encore ses positions dans Brega, mais l'information impossible à vérifier car la plupart des reporters ont été contraints de repartir vers l'est. Les insurgés ont néanmoins pu s'appuyer sur les frappes aériennes de la coalition internationale, désormais coordonnées par l'OTAN. L'Alliance atlantique a déclaré avoir effectué 363 sorties depuis qu'elle a pris le commandement des opérations le 31 mars.
Treize combattants rebelles ont péri vendredi soir dans un raid aérien près de Brega, mais la rébellion, groupée à l'est de la ville, continue de réclamer l'appui aérien de la coalition pour tenter de reprendre cette cité pétrolière faiblement peuplée qui s'étend sur 25 km. Des centaines de "shabab", jeunes combattants mal équipés, ont été vus samedi se repliant plus à l'est, vers Ajdabiah, à 160 km de Benghazi.
Les rebelles tués vendredi ont été enterrés dans une grande tombe collective creusée dans le sable et délimitée par des pierres. A Bruxelles, un responsable de l'OTAN a expliquéque l'Alliance devait vérifier en particulier "s'il y avait des avions de l'OTAN à cet endroit à ce moment-là". La frappe est survenue sur la route entre Brega et Ajdabiya, peu avant ou après une autre attaque aérienne contre un convoi des forces gouvernementales qui a tué sept soldats et détruit une dizaine de véhicules sur la même route.
Pour tenter de gérer les régions qu'ils contrôlent et réorganiser leurs forces disparates et sous-équipées, les rebelles ont formé un comité de crise. Le général Abdel Fattah Younes al Abidi, ancien ministre de l'intérieur du régime de Tripoli, a été nommé chef d'état-major des troupes rebelles, malgré la méfiance qu'il suscite chez les insurgés en raison de sa longue connivence passée avec Kadhafi.
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admin
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